Overwatch a secoué son image en abandonnant le « 2 » de son titre et en introduisant cinq héros d’un coup, dont Anran. Si ce reboot a réveillé l’intérêt des joueurs, une controverse tenace lui colle aux basques : la “Kirikofication”. Et même Fareeha Anderson, la comédienne qui prête sa voix à Anran, est montée au front.
Une refonte qui ne passe pas inaperçue
Anran avait d’abord été présentée dans la cinématique « Elemental Kin », où son design marquait les esprits : traits du visage marqués, personnalité forte, un look qui cassait les habitudes de Blizzard en matière de représentations féminines. Bref, un vrai vent frais dans l’univers du jeu.
Mais dans le jeu final, les choses sont moins tranchées. Son apparence a été lissée, son visage rappelant désormais celui de Kiriko ou Juno. Résultat : un sentiment de déjà-vu, une identité visuelle moins affirmée et une héroïne qui semble rentrer dans le moule au lieu d’en sortir.
Pour les fans, c’est une déception. Pour certains, c’est même un retour en arrière dans la représentation des femmes dans les jeux vidéo. Une occasion manquée de proposer un modèle différent, plus audacieux.

La voix d’Anran elle-même s’en mêle
Fareeha Anderson n’a pas mâché ses mots. Dans une vidéo partagée récemment, elle exprime ouvertement son malaise face au changement. Elle confie avoir eu besoin de temps pour “faire le deuil” de la version originale d’Anran, celle qu’elle avait imaginée en s’imprégnant des comics et de la cinématique.
Selon elle, cette première version proposait une vision radicalement différente de ce qu’on a l’habitude de voir : une héroïne de feu farouche, décidée, avec une esthétique opposée aux standards classiques. À l’inverse, la version jouable d’Anran lui semble plus passive et juvénile, en décalage avec la puissance initialement imaginée.
Anderson n’y va pas par quatre chemins : pour elle, cette question mérite d’être débattue sérieusement, c’est « a hill worth dying on« . Elle appelle les joueurs à s’exprimer pour que les héros représentés à l’écran soient aussi diversifiés que leurs publics.
Un écho bien au-delà d’un simple skin
Au-delà d’Anran, c’est une discussion plus large qui s’entame. Celle sur le processus de création des personnages féminins dans les jeux à héros, et sur les compromis souvent faits au nom d’une beauté standardisée, efficace commercialement mais formatée.
- À noter que l’actrice a partagé directement son point de vue avec l’équipe de développement.
- Selon ses dires, elle a reçu du soutien et de l’encouragement à être honnête.
- Ça ne veut pas dire qu’on reverra le look d’Anran changé de sitôt, mais cela montre une ouverture, aussi petite soit-elle.
Ce débat montre à quel point les questions de représentation et d’authenticité prennent de l’ampleur dans le milieu du jeu vidéo. Rien d’anodin, surtout pour un titre emblématique comme Overwatch, longtemps salué pour sa diversité.
