Avec sa sortie prévue le 4 octobre 2024, le nouvel Assassin’s Creed Shadows entend marier infiltration, action et monde ouvert dans le Japon féodal. Ubisoft mise gros sur cet épisode très attendu, mais les premières images et détails du gameplay révèlent à la fois des promesses séduisantes et des zones d’ombre à surveiller.
Deux assassins aux profils opposés pour une approche double
Assassin’s Creed Shadows repose sur une alternance entre deux personnages jouables : Yasuke, un ancien samouraï inspiré d’un personnage historique réel, et Naoe, une shinobi discrète en quête de vengeance. Ce duo propose deux styles de jeu radicalement différents, et Ubisoft promet que cette dualité influencera réellement la manière d’aborder les missions : infiltration ou affrontement frontal selon le protagoniste choisi.
Yasuke est taillé pour le combat brutal, armé d’une masse et d’un katana, capable de briser les lignes ennemies. De son côté, Naoe privilégie les approches silencieuses, avec grappin, shuriken et fumigènes. L’idée d’incarner deux visions du Japon féodal est séduisante, surtout si le gameplay parvient à valoriser les forces de chacun sans tomber dans la redondance.
Un monde féodal dense mais classique dans sa structure
Ubisoft nous promet un monde ouvert riche, basé sur les régions du centre du Japon de l’époque Sengoku, entre guerre civile et tensions sur fond d’occidentalisation. Fidèle à ses habitudes, la carte semble conçue autour de points d’intérêt à découvrir, de forteresses à infiltrer et de villages à explorer.
Une nouveauté annoncée : un cycle complet jour-nuit et la gestion des saisons, qui doivent influencer les comportements ennemis et les opportunités d’infiltration. Par exemple, la glace pourrait permettre de traverser un lac l’hiver, ou des hautes herbes d’été d’offrir davantage de cachettes. Si cela fonctionne bien, ce pourrait être un vrai plus pour renouveler les missions.
La ville-campagne semble cependant un peu trop lisse dans les premières présentations. L’architecture japonaise est bien recréée mais manque encore d’âme ou de surprises dans sa structure. Il faudra voir si, manette en main, l’exploration parvient à créer cette immersion qu’on attend toujours d’un Assassin’s Creed.
Un retour à l’infiltration plus marqué qu’Origins et Odyssey
Après des épisodes très orientés action-RPG, Ubisoft cherche ici à retrouver l’ADN original de la série, avec une composante infiltration solide. Les mécaniques connues sont de retour : assassinat furtif, cachettes, repérage à distance via un aigle, et gestion de l’alerte ennemie.
Mais l’ensemble reste basé sur un timing précis et une lecture de l’environnement, avec par exemple la possibilité d’éteindre des lanternes pour se déplacer dans l’ombre, ou de combiner outils pour piéger les ennemis. Du classique, certes, mais aussi du potentiel, surtout si l’intelligence artificielle tient la route — ce qui restait encore à démontrer dans la démo montrée à la presse.
Le système de combat, lui, semble efficace, en particulier quand on incarne Yasuke. Les mouvements sont lourds, puissants, avec des impacts bien rendus. On est loin de la légèreté clonée des coups dans Valhalla, même si on retrouve quelques animations. Naoe gagne en dynamisme ce que Yasuke a en puissance, ce qui favorise encore une fois le choix selon son style.
Une technique maîtrisée mais quelques doutes
Graphiquement, le jeu est propre sans être bluffant. La direction artistique japonaise respecte les codes de l’époque mais reste un peu sage. Certaines animations manquent de fluidité, notamment lors des transitions entre exploration et affrontements ou pendant les combats à plusieurs ennemis.
La gestion de la météo dynamique et des lumières laisse entrevoir un vrai potentiel d’ambiance, avec notamment des couchers de soleil dans les rizières ou des tempêtes sur les hauteurs enneigées. Mais rien de tout cela ne semblait vraiment révolutionnaire dans les démonstrations proposées. Du bon boulot, mais sans éclat.
Pour l’instant, on ne sait pas encore si Assassin’s Creed Shadows évitera la tentation du trop-plein de contenu annexe, comme ce fut le cas sur Odyssey ou Valhalla, deux jeux parfois noyés sous des dizaines d’heures de quêtes secondaires peu inspirées. Ubisoft promet une aventure principale resserrée, mais seuls les faits le confirmeront.
Ce qu’il faut retenir pour les joueurs
- Deux héros jouables avec gameplay distinct : action avec Yasuke, infiltration avec Naoe
- Un monde ouvert à la japonaise avec saisons dynamiques et cycle jour-nuit
- Retour renforcé de l’infiltration, proche des premiers épisodes
- Système de combat plus percutant, surtout côté samouraï
- Graphismes soignés sans être révolutionnaires
Rendez-vous le 4 octobre pour juger sur pièce. En attendant, prudence : malgré de bonnes promesses, Assassin’s Creed Shadows devra montrer plus qu’un joli décor pour convaincre pleinement.

