Baldur's Gate 3 et Stranger Things

Baldur’s Gate 3 a inspiré Stranger Things… mais plombé sa fin selon les fans

Baldur’s Gate 3, sans directement le vouloir, est devenu une source d’inspiration surprenante… et controversée. Le RPG de Larian Studios aurait influencé le final de Stranger Things, un choix qui, selon de nombreux fans, aurait contribué à l’un des pires dénouements de série de ces dernières années.

Quand les Duffer regardent du côté du RPG

Dans une interview accordée à Variety, les frères Duffer, créateurs de Stranger Things, ont reconnu s’être inspirés des mécaniques narratives et ludiques de Baldur’s Gate 3 pour concevoir l’ultime affrontement de leur série. Selon Matt Duffer, l’idée était simple mais ambitieuse : reprendre la logique de groupe unifié typique des C-RPG pour affronter un boss final. Chaque personnage devait jouer son rôle, activer sa compétence, et unir ses forces contre le grand méchant, à l’image des moments clefs dans les combats de Baldur’s Gate 3.

L’intention n’est pas absurde quand on y pense. Dans BG3, les combats de boss sollicitent votre coordination, votre gestion de l’espace et la complémentarité des personnages. C’est une formule qui fonctionne, surtout grâce à une écriture précise et une construction de tension graduelle. À l’écran, on imagine que les Duffer ont voulu rendre hommage à cette approche stratégique, où chaque héros a son moment de bravoure. Sauf que transposer ça de manière crédible dans une série grand public n’est pas évident que de poser ses sorts dans un tour de jeu.

Baldur's Gate 3 et Stranger Things Boss

Un boss final qui ne passe pas

Dans Baldur’s Gate 3, le combat final est l’aboutissement d’un long voyage. Il récompense l’implication du joueur, ses choix, sa construction d’équipe. Il est épique, difficile, parfois frustrant, mais il a le mérite de pousser le joueur dans ses retranchements. Ce n’est pas juste balancer des points de vie, c’est une épreuve où la narration et le gameplay fusionnent.

Dans Stranger Things, le bilan est moins glorieux. Le combat final, censé être l’apothéose de plusieurs saisons de scénarios, est jugé plat et sans suspense. L’antagoniste principal manque de mordant, et surtout, il ne donne jamais l’impression de dominer vraiment les héros. Le sentiment d’urgence, de danger, est quasiment absent. Pour beaucoup, l’inspiration vidéoludique n’est jamais parvenue à s’imposer dans un format télévisuel. Résultat, l’affrontement tant attendu se termine sur une note tiède, bien loin de la puissance dramatique espérée.

Le RPG brille, la série trébuche

L’ironie, c’est que ce qui fonctionne admirablement dans Baldur’s Gate 3 s’est transformé en faiblesse dans Stranger Things. BG3 parvient à rendre ses affrontements mémorables grâce à une mécanique de jeu exigeante, une écriture juste, et un engagement total du joueur. Chaque choix a un poids. En face, la série Netflix donne l’impression d’un rendu mécanique et artificiel, un hommage mal compris à une formule qui n’est pas aussi facilement adaptable.

C’est aussi la force du jeu vidéo moderne : il sait mêler narration, gameplay et immersion d’une manière unique. Baldur’s Gate 3 l’a prouvé en remettant les CRPG sur le devant de la scène, en les inscrivant dans l’imaginaire populaire bien au-delà du cercle des passionnés de Donjons & Dragons. Mais la leçon ici, c’est que toutes les recettes ne fonctionnent pas de la même façon d’un médium à l’autre.

Quand une série tente de reproduire les sensations d’un RPG sans capter ce qui en fait la magie, ça peut passer à côté. Et pour certains fans de Stranger Things, c’est exactement ce qui s’est produit.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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