EA a tranché : fini le farming d’XP facile contre des bots dans Battlefield 6. Le mode Portal, censé offrir créativité et nostalgie aux joueurs, a été détourné de son esprit initial. Résultat, les parties personnalisées ne rapportent plus de gains significatifs et la progression y est désormais largement bridée.
Le farm intensif de bots tire sa révérence
Depuis la sortie de Battlefield 6, de nombreux joueurs détournaient le mode Portal pour y organiser des lobbies remplis de bots inoffensifs et engranger de l’expérience à la chaîne. Certains atteignaient les plus hauts niveaux en quelques heures à peine, débloquant armes, accessoires et défis sans affrontement réel. Devant l’ampleur du phénomène dans les deux premières semaines après le lancement, EA a drastiquement réduit l’expérience gagnée dans ces conditions. Impossible désormais de farmer tranquillement son arbre de progression en PvE.
Ce retournement ne sort pas de nulle part. La série Battlefield a toujours demandé du temps et de l’implication. Débloquer du contenu n’était pas instantané, et les vétérans y voyaient une manière de récompenser l’investissement et la maîtrise. Mais dans Battlefield 6, la courbe de progression a été mal calibrée. Ce ne sont pas les niveaux qui posaient problème, mais bien l’accès aux accessoires essentiels, parfois trop longs à débloquer via un gameplay traditionnel.

Des défis mal pensés, un système trop rigide
Certains objectifs sont à la limite du raisonnable. Pour débloquer le fusil de sniper PSR, le joueur doit réussir 200 tirs à la tête à plus de 200 mètres. Sur la majorité des cartes, cette exigence frôle l’absurde. Idem pour réparer 4 000 points de dégâts à des véhicules en une seule partie : à moins de se consacrer uniquement à cette tâche pendant toute une session, l’objectif est quasi impossible à atteindre.
Ce genre de défis pousse forcément les joueurs à chercher des raccourcis. Et lorsque la meilleure arme du jeu devient pleinement viable uniquement avec ses accessoires déverrouillés, il est logique que certains accélèrent le processus, même si cela implique d’exploiter le système. Avant les ajustements, il fallait parfois une dizaine d’heures pour maîtriser complètement une seule arme. EA a depuis allégé un peu la progression, mais les dégâts étaient faits.
Portal, un mode sacrifié sur l’autel de l’XP
Le mode Portal, mis en avant à la sortie comme un hommage à l’histoire de la saga, devait offrir un espace communautaire pour recréer des cartes et modes cultes, comme Strike At Karkand ou les affrontements en mode Rush de Battlefield: Bad Company 2. Mais cette vision a rapidement été noyée sous des serveurs nommés “Easy XP” ou “Free Unlocks”.
Plutôt que d’encourager la créativité, Portal est devenu un terrain d’exploitation. Pour EA, il devenait urgent de restaurer la vocation originelle de cette fonctionnalité. En supprimant les gains significatifs en XP dans les parties modifiées, l’éditeur espère remettre les joueurs sur les rails de l’expérience normale. Mais cela pose une question que certains n’oublieront pas de soulever : à quoi bon un mode bac à sable si sa liberté est bridée aux premières dérives ?
Le farming excessif reste un symptôme d’un autre souci : un système de progression qui frustre plus qu’il ne motive. Pendant que les développeurs réajustent les gains ou la difficulté des défis, beaucoup espèrent un virage plus clair dans la philosophie de progression. Car si les meilleurs accessoires transforment des fusils médiocres en bêtes de guerre, leur accès reste trop long, trop aléatoire ou trop mal pensé.
En rendant la progression PvE quasiment nulle, EA envoie un message clair. Mais la frustration, elle, ne risque pas de disparaître tout de suite.
