Le patron de Gearbox, Randy Pitchford, a révélé avoir eu davantage son mot à dire sur le prochain film de braquage Now You See Me: Now You Don’t que sur l’adaptation ratée de Borderlands. Une confession surprenante tant ce dernier était censé être proche du projet, vu son statut de créateur de la franchise vidéoludique.
Un Borderlands complètement à la dérive
L’adaptation ciné de Borderlands, sortie dans un contexte favorable aux productions inspirées du jeu vidéo, s’est complètement plantée. Alors que des titres comme The Last of Us, Fallout, voire le film Mario ont su convaincre presse et public, Borderlands fait tache avec un maigre 10 % sur Rotten Tomatoes et une note de 4,7 sur IMDb. Bref, un four.
Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, Randy Pitchford, pourtant instigateur de la saga Borderlands, n’était pas vraiment aux commandes du film. Dans une interview accordée à Insider Gaming, il avoue même avoir eu plus de poids créatif sur un projet sans lien avec le jeu vidéo : Now You See Me: Now You Don’t.
Un magicien plus influent que dans son propre univers
Now You See Me: Now You Don’t, troisième volet de la saga ciné centrée sur un groupe d’illusionnistes cambrioleurs, a reçu un sérieux coup de pouce de Pitchford côté narration. Il explique avoir eu un impact « plus profond et plus significatif » sur ce film que sur Borderlands. Il parle de véritables échanges sur l’histoire et la direction générale, des décisions concrètes où sa voix portait, contrairement au film inspiré de son propre bébé vidéoludique.
C’est un peu l’ironie de l’histoire : l’homme derrière l’identité visuelle, narrative et ludique de Borderlands a joué les figurants dans la transposition cinéma.
Pitchford et la place qu’il veut occuper
Malgré tout, Pitchford ne regrette pas son peu d’implication dans le film Borderlands. Il sait que ses compétences sont avant tout dans le jeu vidéo. Il se remémore même une anecdote avec un jeu James Bond développé pour Electronic Arts, saboté par des exécutifs qui voulaient supprimer toutes les armes du titre… Une preuve, selon lui, qu’il faut savoir laisser les experts de chaque médium faire leur travail.
Il insiste : il ne veut pas faire partie de ces exécutifs qui interfèrent sans maîtriser le langage du cinéma. Il préfère rester à sa place, même si cela signifie laisser passer des opportunités de tout contrôler.
Même si le Borderlands film s’est fait descendre, Pitchford affirme qu’il a aimé le résultat. Il reconnaît immédiatement que son avis est biaisé, lié à son implication personnelle dans la franchise. Il admet qu’il ne peut pas voir le film comme un spectateur lambda.
Ce genre de déclaration divise. Certains y verront de la franchise, d’autres une déconnexion. Surtout quand on repense à ses autres prises de parole.
Des déclarations qui ne passent pas
Randy Pitchford n’est pas un inconnu des polémiques. Il y a quelques mois, il déclarait que « si vous êtes un vrai fan« , vous trouverez bien le moyen de payer 80 dollars un jeu. Une remarque peu inspirée, qu’il a fini par retirer. Avant ça, il avait assuré que Borderlands 4 était tellement bon qu’il devrait être vendu 200 dollars, ou bien être gratuit pour que tout le monde y joue. Ambiance.
Ce genre de punchlines mal calibrées ne joue pas en sa faveur et renforce l’idée qu’il vaut peut-être mieux qu’il évite de trop s’exposer quand il s’agit de prendre les rênes en dehors du game design.
On ne saura jamais à quoi aurait ressemblé le film Borderlands avec un vrai contrôle créatif de son créateur. Une chose est sûre : vu la réception catastrophique de l’adaptation et les casseroles récentes de Pitchford, son choix de ne pas trop s’impliquer était peut-être salvateur… pour tout le monde.

