Call of Duty Black Ops 7

Call of Duty BO7 massivement critiqué : comment Activision peut sauver la franchise

Call of Duty: Black Ops 7 a été lancé vendredi dernier, et les premiers signaux sont catastrophiques. Avec une note utilisateur qui s’effondre et une réception globalement glaciale, ce nouvel opus pourrait devenir l’un des pires échecs de l’histoire d’Activision. Et le week-end de lancement, décisif pour asseoir l’image d’un jeu, n’a fait qu’amplifier le désastre.

Black Ops 7 prend l’eau dès le démarrage

Dès les premières heures suivant sa sortie, Black Ops 7 s’est attiré les foudres des joueurs. Sur Metacritic, la version console affiche un score de 1,7 sur 10, un véritable naufrage pour une série qui, malgré ses hauts et ses bas, restait un pilier du FPS. Ce score en fait l’épisode le moins bien noté de toute la franchise Call of Duty. À titre de comparaison, même Modern Warfare III sorti en 2023, pourtant déjà très critiqué, avait obtenu un “meilleur” 2,3 sur 10.

Ce niveau de rejet immédiat et massif n’est pas anodin. Il trahit un ras-le-bol croissant des joueurs, exacerbé par des choix de design contestés, une optimisation bancale, et une mauvaise gestion globale du jeu dès sa conception.

Black Ops 7 Metacritic

Des critiques nombreuses et précises

Les retours négatifs sont aussi nombreux que variés. Et quand on jette un œil aux doléances les plus souvent évoquées, une tendance très claire émerge : c’est sur presque tous les aspects que le jeu déçoit.

Parmi les critiques les plus récurrentes, on retrouve :

  • Une optimisation technique aux fraises, provoquant des chutes de framerate et des crashes à répétition
  • Un système de monétisation poussé à l’extrême, omniprésent et intrusif
  • Un multijoueur peu inspiré, mal équilibré et sans âme
  • Des sensations de tir molles, sans le punch habituel de la série
  • Une prise en main rigide et maladroite, qui nuit à l’immersion

À ces défauts déjà bien graves s’ajoutent deux problèmes majeurs qui ont carrément écrasé l’enthousiasme initial que certains fans pouvaient encore ressentir.

Une campagne solo ratée de bout en bout

C’est sans doute le point le plus embarrassant pour Activision : la campagne solo, longtemps considérée comme le terrain d’expression narrative de la série, est ici jugée comme la pire jamais vue dans un Call of Duty. En cause, un scénario faiblard, sans cohérence et à l’aspect presque artificiel. De nombreux joueurs ont même affirmé avoir eu l’impression de lire un récit généré par une IA, tant le récit manquait de personnalité et de liant.

Le ton général de cette campagne a aussi été ciblé. Jugé trop léger, presque enfantin, certains y ont vu une ambiance digne de Fortnite, bien loin des affrontements sombres et réalistes qui ont fait la renommée de Black Ops à ses débuts. Pire encore, Activision a cru bon de restreindre cette campagne à une expérience en ligne obligatoire, ce qui empêche de mettre le jeu sur pause même en solo. Une décision absurde, qui a fortement contribué au rejet du jeu.

Une intégration de l’IA qui passe mal

Autre sujet brûlant : l’utilisation de l’intelligence artificielle générative. Plusieurs éléments visuels, notamment les cartes d’identification et les icônes, affichent un style générique typique des productions IA. Face au tollé, Activision a reconnu avoir utilisé ces outils durant la production, mais sans préciser l’ampleur de cette intégration. Manque de transparence, esthétique bâclée, et perte de l’identité visuelle propre à la franchise : la pilule ne passe pas.

Cette dépendance à des processus automatisés cristallise une frustration déjà bien installée. Les joueurs ont le sentiment qu’on sacrifie la qualité et l’effort artistique sur l’autel de la rentabilité. En l’état, le recyclage visuel via l’IA ne passe clairement pas inaperçu, et accentue encore l’impression d’un jeu fait à la va-vite.

Des chiffres peu flatteurs côté joueurs

Côté fréquentation, Black Ops 7 ne fait pas mieux. Le week-end de lancement, habituellement un temps fort pour la franchise, n’a pas généré la traction attendue. Sur Steam, bien que les chiffres précis soient un peu flous à cause du système de bundle CoD, on estime que l’ensemble des titres connectés n’a pas dépassé les 100 000 joueurs simultanés. C’est très peu, surtout face à une concurrence féroce.

En comparaison, Battlefield 6 a atteint environ 300 000 joueurs simultanés, tandis que ARC Raiders a explosé les compteurs avec un pic à 482 000 joueurs, établissant un nouveau record. Ces chiffres montrent que l’aura de Call of Duty ne suffit plus à assurer le succès, même à court terme. La fidélité à la marque semble s’éroder au fil des titres décevants.

Un avenir incertain pour la franchise

Reste à savoir si cette réception désastreuse impactera réellement les ventes globales. On connaît la force commerciale de Call of Duty et sa capacité à attirer un public large malgré les critiques. Il est donc possible que les chiffres restent solides sur le plan financier, au moins dans un premier temps.

Mais une chose est claire : l’image de la série est sérieusement écornée. La lassitude des joueurs, l’agressivité monétaire, les choix de design discutables et la concurrence qui reprend du poil de la bête mettent la franchise historique face à un vrai défi.

On a vu d’autres sagas comme Battlefield se planter lourdement (on pense à BFV ou 2042) avant de redresser la barre sur des épisodes suivants. Call of Duty n’est donc pas condamné. Mais pour se relever, il faudra plus qu’un skin nostalgique ou un patch de mi-saison. Il faudra regagner la confiance des joueurs.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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