En 2025, Clair Obscur: Expedition 33 a mis tout le monde d’accord. Ce RPG au tour par tour a non seulement ravi les amateurs du genre, mais aussi rafraîchi la formule avec des idées neuves. Son succès fulgurant, cependant, commence à engendrer des copies sans âme, à l’image de Sword and Fairy 4.
Une formule reprise… jusqu’à l’excès
Sword and Fairy 4 se présente comme un remake d’un classique chinois de 2007, resté inédit en dehors de son pays. Officiellement traduit pour la première fois, ce nouvel opus vise à séduire un public mondial. Un pari louable sur le papier, mais qui trébuche dès qu’on gratte la surface.
Le trailer récemment dévoilé laisse peu de place au doute : menus, interface, effets d’attaque, tout rappelle furieusement Expedition 33. Le système de combat, basé sur la parade et le contre, les ennemis aux attaques télégraphiées, jusqu’à la manière dont les personnages entrent en scène… la ressemblance est trop appuyée pour être fortuite. On ne parle pas ici d’inspiration, mais de mimétisme.
Et c’est bien là le problème : si certains décors se montrent charmants et que quelques personnages ont une vraie identité visuelle, cela ne suffit pas à masquer l’absence de vision propre. Le jeu semble avoir coché des cases sur une liste de ce qui a marché ailleurs, au lieu de proposer quelque chose qui lui serait propre.
Une série culte… mais méconnue hors de Chine

Ce qui rend ce manque d’audace d’autant plus regrettable, c’est que Sword and Fairy est une licence vraiment importante en Chine. Depuis les années 90, elle a construit un univers mélangeant mythologie chinoise, drame épique et romances torturées. Le remake de ce quatrième épisode aurait pu être une porte d’entrée idéale vers cette culture vidéoludique dense pour le public occidental.
Mais à force de vouloir “faire comme Clair Obscur”, le jeu passe à côté de ce qui pourrait vraiment le distinguer.
Ce que Clair Obscur a réellement réussi
Le succès d’Expedition 33 ne tient pas uniquement à ses mécaniques de combat efficaces. Ce qui a touché les joueurs, c’est avant tout son trio de personnages – Maelle, Gustave, Luna – profondément humains, portés par une écriture sensible et un monde à la fois cruel et somptueux. L’univers de Sandfall Interactive déborde de personnalité, de choix artistiques assumés, de moments de grâce visuelle qui marquent durablement.
C’est en cela que les studios qui s’en inspirent doivent faire preuve de discernement. Copier un système de jeu ne suffit pas. Ce qui a enthousiasmé, c’est une alchimie fragile entre gameplay, narration et direction artistique. Reprendre les mécaniques sans l’âme, c’est comme rejouer une mélodie sans l’émotion.
Une tendance qui risque de s’installer
Il est probable que Sword and Fairy 4 ne soit que le premier d’une longue série de RPG pensés comme des clones d’Expedition 33. Comme souvent après un jeu phare, l’industrie cherchera à comprendre la recette du succès, quitte à ne retenir que les aspects les plus superficiels.
Pourtant, le plus bel hommage qu’on puisse faire à Clair Obscur serait de s’en inspirer pour oser à son tour, pour raconter autre chose avec tout autant de sincérité et d’ambition artistique.
En résumé :
- Sword and Fairy 4 copie trop fidèlement les mécaniques d’Expedition 33
- Un potentiel gâché malgré un univers culturel original à son origine
- L’écriture et la direction artistique de Clair Obscur restent inégalées
- Gare aux imitateurs plus soucieux de succès que de substance
