Le débat sur la meilleure fin de Clair Obscur Expedition 33 vient de prendre un tournant décisif, grâce aux interprètes principaux du jeu. Jennifer English (Maëlle) et Ben Starr (Verso) ont partagé leur point de vue sur les deux fins possibles, en soutenant sans hésitation celle de Maëlle.
Les voix des héros s’accordent : la fin de Maëlle l’emporte
Clair Obscur Expedition 33 ne laisse personne indifférent sur sa conclusion. Proposant deux routes radicalement opposées, le jeu du studio montpelliérain Sandfall Interactive a rapidement divisé sa communauté. Team Maëlle contre team Verso, le débat faisait rage sur les forums et les réseaux sociaux depuis la sortie du jeu. Mais les deux principaux intéressés ont mis les points sur les i.
Jennifer English, qui prête sa voix à Maëlle, explique que son choix est porté par l’envie de voir son personnage s’accomplir pleinement. Pour elle, Maëlle mérite de vivre son rêve jusqu’au bout, même si cela signifie basculer dans une réalité différente. Avec bienveillance, elle invite les joueurs à « la laisser vivre son rêve éveillé ». Un message clair qui témoigne de son attachement au personnage et à son évolution dans cette fin.
De son côté, Ben Starr, remarquable en Verso, valide ce choix et va même plus loin. Il avoue que cette conclusion lui tient à cœur notamment parce qu’elle met en valeur son jeu d’acteur. Selon lui, c’est la richesse émotionnelle de son interprétation dans cette phase finale qui lui a valu son prix aux Golden Joystick Awards. Il la qualifie d’« excellente », et considère cette scène comme un sommet de son travail dans le jeu.

Un succès qui n’a pas fini de faire parler
Déjà auréolé de plusieurs récompenses majeures, dont le prestigieux titre de « jeu de l’année 2025 » aux Golden Joystick Awards et aux Thailand Game Awards, Clair Obscur Expedition 33 s’impose comme un phénomène. Son gameplay hybride à mi-chemin entre le RPG narratif et le tour par tour dynamique, sa direction artistique unique et une bande-son très travaillée ont séduit aussi bien les critiques que les joueurs.
Mais c’est peut-être dans sa manière de construire ses personnages et d’impliquer émotionnellement le joueur que le jeu tire sa vraie force. En offrant deux fins profondément différentes mais toutes deux cohérentes avec les choix faits en cours d’aventure, Sandfall Interactive pousse à la réflexion. Et lorsque les interprètes eux-mêmes rejoignent le débat, cela renforce encore l’attachement du public.
Ce choix affirmé des acteurs souligne aussi à quel point la narration du jeu est soignée. Elle permet aux performeurs de s’investir pleinement, au point d’être fiers d’un moment précis de leur prestation. Une reconnaissance artistique rare dans le jeu vidéo, qui devient ici presque théâtral.
Pourquoi cette fin touche autant
Ce n’est pas uniquement une question d’interprétation. La fin centrée sur Maëlle offre une forme de renoncement doux-amer, un espoir fragile mais assumé. Contrairement à celle de Verso, plus rationnelle et ancrée dans une forme de devoir, celle de Maëlle joue la carte du rêve éveillé, du lâcher-prise créatif.
Ce choix scénaristique divise, bien sûr — ce qui est le propre des bonnes histoires — mais il faut reconnaître que cette fin incarne une vision artistique forte. Elle privilégie le parcours émotionnel à la logique, elle mise sur l’évasion plutôt que sur le réel. Pas étonnant que les acteurs s’y retrouvent, elle fait appel aux tripes.
Les joueurs, eux, devront continuer à choisir la route qui leur parle le plus. Mais au moins, ils savent désormais quel camp a la faveur des voix qu’ils ont écoutées de longues heures, manette en main.
