Battlefield 6 a explosé les compteurs dès sa sortie, réalisant l’un des meilleurs démarrages de toute la franchise. Avec des ventes fulgurantes qui dépassent déjà la moitié du total cumulé des opus précédents, le jeu s’est aussi hissé en tête des fréquentations sur Steam. Mais derrière ce succès commercial se cache une affaire bien moins glorieuse.
Un carton plein… mais une polémique en coulisses
Tout semblait sourire à Battlefield 6. Le public était au rendez-vous, les ventes décollaient, et les serveurs Steam affichaient des pics historiques. Pourtant, l’ambiance est loin d’être à la fête pour certains anciens développeurs. Ridgeline Games, un des studios ayant travaillé sur le projet, tire la sonnette d’alarme après avoir été largement ignoré dans les crédits officiels du jeu.
Le studio, aujourd’hui fermé, a pourtant planché pendant plus de 18 mois sur la campagne solo de Battlefield 6. L’implication était réelle, longue et structurante. Et c’est précisément cette période essentielle de production qui semble invisibilisée dans le produit final.

Une reconnaissance quasi absente
Marcus Lehto, directeur créatif de Ridgeline Games – et figure bien connue du milieu – a pris la parole sur LinkedIn pour dénoncer la situation. Selon lui, les noms des membres de son équipe ont été relégués à la section « remerciements spéciaux » sans que leurs rôles respectifs soient précisés. Un comble, quand on sait que certains d’entre eux ont bossé pendant plus d’un an avant d’être licenciés, parfois juste avant la sortie du jeu.
Pire encore, certains noms ne figurent tout simplement nulle part. Oui, y compris celui de Lehto lui-même. Une omission perçue comme un manque total de respect, en particulier pour les développeurs qui ont quitté l’aventure avant le bouclage du projet, mais qui ont contribué à en poser les bases.
Un problème récurrent dans l’industrie
Ce scandale remet sur la table une problématique que l’industrie du jeu vidéo traîne depuis des années : la reconnaissance des équipes derrière les projets, surtout lorsque les studios sont fermés, exsangues ou restructurés avant la sortie d’un jeu.
Dans le cas de Ridgeline Games, la situation est révélatrice. Le studio s’est vu retirer sa visibilité alors même qu’il a participé à façonner une partie essentielle du titre final. Pour une industrie qui revendique son statut artistique, ces manques de reconnaissance laissent un goût amer.
Cette affaire soulève plusieurs questions que le public comme les professionnels commencent à poser de plus en plus fort :
- Qui décide des crédits finaux ?
- Quelle reconnaissance pour les développeurs partis pendant la production ?
- Comment assurer une mémoire juste des contributions individuelles dans un projet collectif ?
En attendant des réponses claires, ce flou artistique autour des crédits jette une ombre sur un lancement pourtant historique.
