Malgré une situation financière compliquée, Ubisoft mise tout sur ses franchises phares pour redresser la barre. Le géant français vient de confirmer le développement de deux nouveaux Far Cry et plusieurs Assassin’s Creed, mais cette stratégie suffira-t-elle à rassurer ?
La tempête actuelle chez Ubisoft n’épargne personne. L’éditeur traverse l’une des crises les plus sérieuses de son histoire, avec des licenciements massifs, des projets annulés et une restructuration complète de ses équipes. Dans ce contexte tendu, le PDG Yves Guillemot joue cartes sur table en confirmant que ses licences les plus rentables restent prioritaires.
Les signaux d’alerte se multiplient depuis plusieurs mois. Fermetures de studios, suppressions de postes, réorganisation autour de nouvelles entités comme Vantage Studios en partenariat avec Tencent, tout indique qu’Ubisoft cherche à limiter les dégâts. Selon plusieurs sources internes, au moins un projet Assassin’s Creed aurait été purement et simplement annulé, notamment un titre orienté Web3 et cartes virtuelles qui ne correspondait plus aux attentes du marché.
Même les franchises historiques accusent le coup. Far Cry 6, sorti en 2021, n’a pas vraiment convaincu malgré des ventes correctes. L’accueil critique s’est montré mitigé et l’impact commercial n’a pas atteint les niveaux habituels de la saga, souvent considérée comme une référence du monde ouvert. Une déception qui explique en partie pourquoi Ubisoft mise tout sur les prochains épisodes.
Deux projets Far Cry vraiment différents
Face à cette situation délicate, Ubisoft confirme donc le développement de deux jeux Far Cry aux approches radicalement différentes. Le premier, connu sous le nom de code Project Blackbird, serait le prochain épisode principal de la série. Selon des informations non officielles, il proposerait une structure narrative non linéaire centrée sur l’enlèvement de la famille du protagoniste.
L’aspect le plus intriguant concerne la contrainte temporelle imposée au joueur. L’histoire devrait se boucler en 72 heures de temps de jeu maximum, ce qui représente une approche complètement nouvelle pour la franchise. Cette mécanique pourrait donner un rythme inédit aux missions et créer une vraie tension narrative, à condition que l’exécution soit à la hauteur des ambitions.
Le second projet, baptisé Project Maverick, s’oriente vers un tout autre registre avec un shooter multijoueur autonome. Il s’agirait d’un jeu d’extraction se déroulant dans un environnement hostile, possiblement en Alaska, avec des mécaniques inspirées des tendances actuelles du jeu en ligne. Mort permanente, gestion d’inventaire poussée et contrats à accomplir seraient au programme.
Cette orientation multijoueur s’explique facilement : le succès des jeux d’extraction comme Escape From Tarkov ou Hunt: Showdown prouve qu’il existe un marché pour ce type d’expérience. Reste à savoir si l’ADN Far Cry s’adaptera naturellement à ces codes ou si Ubisoft force le trait pour surfer sur une mode.

Assassin’s Creed reste dans la course
Du côté d’Assassin’s Creed, plusieurs projets seraient également en préparation, mêlant expériences solo et multijoueur pour entretenir une communauté déjà massive. Cette approche diversifiée fait sens quand on connaît le succès d’Assassin’s Creed Valhalla et l’engouement autour de la franchise, même si certains projets ont récemment été abandonnés.
La confirmation de ces développements intervient alors qu’Ubisoft prépare également une série télévisée Far Cry, preuve que la licence reste centrale dans sa stratégie transmedia. Multiplier les supports peut effectivement aider à maintenir l’intérêt du public, mais cela ne garantit pas le succès des jeux eux-mêmes.
La vraie question n’est donc pas de savoir si ces titres verront le jour, mais s’ils parviendront à redonner confiance au public et aux investisseurs. Après plusieurs années de déceptions et polémiques, Ubisoft joue une partie décisive pour son avenir. Les prochains mois s’annoncent cruciaux pour déterminer si cette stratégie du retour aux sources portera ses fruits.
