Les conditions de travail au sein du studio espagnol MercurySteam, connu pour les jeux Metroid Dread et Blades of Fire, se sont nettement durcies ces derniers mois. Plusieurs employés, sous couvert d’anonymat, ont témoigné de pratiques contestées autour du temps de travail, du télétravail et de la gestion du personnel, remettant en cause le climat général au sein de l’entreprise.
Une ambiance tendue et des journées rallongées
Depuis le début de l’année, MercurySteam a instauré une nouvelle organisation du temps de travail qui inclut systématiquement une heure supplémentaire par jour, imposée à l’ensemble des employés. Ce rythme s’est encore aggravé à l’approche de la sortie de Blades of Fire au mois de mai, où les journées de travail passaient fréquemment à 10 heures. Des pratiques de crunch donc, toujours aussi répandues dans l’industrie, mais dans ce cas précis appliquées de manière particulièrement stricte.

Certains employés affirment que les chefs de service auraient proféré des menaces à l’encontre de ceux qui prenaient des congés maladie. D’après plusieurs témoignages, des personnes auraient été renvoyées pour avoir refusé de faire des heures supplémentaires ou pour s’être mis en arrêt de travail. Même si cette version serait nuancée par certains membres du personnel, l’ensemble dénote un management reposant sur la pression plutôt que sur la coopération.
Télétravail découragé et climat de peur
La culture du présentiel prévaut chez MercurySteam. D’après plusieurs sources internes, le télétravail est fortement découragé, voire mal vu. Un employé résume ainsi l’état d’esprit de la direction : « Si Mercury fait bien une chose, c’est jouer sur la peur, car il n’y a pas d’autre solution dans le secteur. » Une formule qui illustre un sentiment d’impasse, courant dans une industrie où les débouchés sont rares et la concurrence féroce.
Des licenciements après l’échec de Blades of Fire
L’été a marqué un tournant avec le lancement mitigé de Blades of Fire. En août, pas moins de 18 employés ont été licenciés à la suite de l’échec commercial du projet. Selon les informations recueillies, aucun nouveau plan de licenciement ne serait prévu à court terme. La direction chercherait manifestement à éviter le seuil critique qui déclencherait un plan social en bonne et due forme. Mais l’inquiétude persiste quant à la stabilité de l’équipe actuelle.
Pour les développeurs encore en poste, la priorité semble désormais être la discrétion et la prudence, dans un climat où la parole reste difficile. Pourtant, la multiplication des témoignages rapportés par les enquêtes de 3DJuegos et relayées par Game Developer pointe vers un problème systémique qui dépasse le seul cas de MercurySteam.
