Dead Gears: Space of War débarque sur Nintendo Switch le 29 mai prochain. Ce clone opportuniste mélange Gears of War et Dead Space dans un cocktail douteux qui illustre parfaitement la prolifération de la shovelware sur l’eShop. Une situation qui exaspère développeurs indépendants et joueurs.
Un clone qui ne se cache même pas
Consann Real Estate et ses équipes ont confirmé ce jeudi 15 mai la sortie de Dead Gears: Space of War le 29 mai 2026 sur Nintendo Switch via l’eShop officiel. Le titre reprend sans complexe le logo Cog de Gears of War et la typographie caractéristique de Dead Space, le tout accompagné d’une jaquette probablement générée par intelligence artificielle. Un mélange audacieux qui s’inscrit dans la stratégie bien rodée de cet éditeur spécialisé dans les clones à bas coût.
Le trailer révélé par l’éditeur ne fait qu’accentuer le malaise. D’après GameSpot, ce simple teaser de gameplay générique n’a aucun rapport visuel avec les assets marketing utilisés pour promouvoir le jeu. Une pratique devenue monnaie courante sur l’eShop pour attirer l’œil des joueurs avec des promesses visuelles trompeuses.
Cette vidéo illustre parfaitement les dérives actuelles de la shovelware sur Nintendo Switch.
https://www.youtube.com/results?search_query=Nintendo+eShop+shovelware+clones+Dead+Gears+Space+of+War+Switch+2&sp=CAASAhAB
Consann Real Estate n’en est pas à son coup d’essai. L’éditeur a déjà publié Fall Buddies, clone assumé de Fall Guys, et prépare Ace Thunder: Aircraft Wingman Simulator, présenté comme un mélange d’Ace Combat et Microsoft Flight Simulator. Une approche systématique qui consiste à surfer sur la popularité des grosses licences pour générer des ventes rapides.
Selon Nintendo Life, Dead Gears propose des environnements rappelant les rues détruites de Gears of War et les couloirs métalliques de Dead Space, mais avec des textures faibles et floues. Le jeu solo ne dispose d’aucune capture d’écran sur sa fiche eShop au moment de sa mise en ligne, autre signal d’alarme pour les joueurs avertis.
L’eShop submergé par la médiocrité
GameSpot décrit la situation du Nintendo eShop comme un « slop-free-for-all » dès qu’on quitte la section mise en avant. La boutique officielle de Nintendo regorge d’asset flips, de clones opportunistes et de jeux générés par IA qui polluent l’expérience de découverte des joueurs.
Les développeurs de shovelware utilisent plusieurs pratiques trompeuses : prix artificiellement gonflés suivis de remises massives, publication de multiples versions quasi identiques d’un même jeu, et surtout des visuels promotionnels sans rapport avec le contenu réel. Cette stratégie prive les studios indépendants sérieux de visibilité et de chances commerciales sur la plateforme.
Nintendo a modifié l’algorithme de l’eShop en 2025 pour déprioriser ces titres dans les recommandations, mais GameSpot juge cette mesure insuffisante. La firme de Kyoto pourrait simplement déréférencer ces jeux, comme l’a fait Sony récemment en supprimant des centaines de titres de shovelware de son PlayStation Store, y compris un clone de GTA 6.
| Plateforme | Politique anti-shovelware | Efficacité |
|---|---|---|
| Nintendo eShop | Dépriorisation algorithme | Limitée |
| PlayStation Store | Suppression massive | Agressive |
| Steam | Modération communautaire | Variable |
| Xbox Store | Curation manuelle | Modérée |
Le problème dépasse largement Nintendo. Steam, PlayStation et Xbox font également face à cette invasion de clones et de contenus générés à la chaîne. Mais la différence réside dans l’approche : là où Sony agit de manière radicale, Nintendo semble privilégier une approche plus permissive qui laisse prospérer ces pratiques douteuses. Cette situation rappelle les récentes décisions de Sony concernant sa stratégie de plateforme.
Pour les joueurs français, Dead Gears: Space of War représente bien plus qu’un simple clone raté. Il symbolise la dérive d’un écosystème où l’opportunisme commercial prime sur la créativité, au détriment des véritables créateurs et des joueurs en quête de découvertes authentiques.
