Avec Riftbound, le jeu de cartes à collectionner physique de Riot Games inspiré de l’univers de League of Legends, j’ai enfin eu l’occasion de vivre un lancement de jeu en direct. Loin d’être une simple curiosité, l’événement s’est transformé en véritable plongée stratégique, dès les premières heures de sa sortie.
Une phase de draft pas comme les autres
Le format proposé pour cette session de lancement était un draft modifié, où l’on partait avec un deck préconstruit avant d’ajouter librement des cartes issues de trois boosters. J’ai trouvé cette approche idéale pour aborder un nouveau TCG : accessible pour les débutants, mais déjà ouverte à la personnalisation et aux premières lectures stratégiques.
Dès les premiers échanges de cartes, des tendances nettes sont apparues. La majorité des joueurs se sont rués sur le deck Viktor. Pas parce qu’ils aimaient le champion, mais parce que YouTube et les forums avaient parlé : selon les premières analyses venues notamment de vidéos de gameplay chinoises (le jeu étant sorti plus tôt en Chine), Viktor écrasait Jinx et Lee Sin dans la méta naissante. Résultat : une armée de Viktor sur les tables, chacun tentant d’optimiser son build avec les apports de ses packs.

Une méta qui s’impose dès le lancement
Ce qui m’a le plus surpris, c’est la rapidité avec laquelle une méta solide s’est construite. On était à peine au jour un que le phénomène du netdecking faisait déjà son œuvre. Même à l’échelle d’un événement local, les decklists dites “optimales” circulaient déjà, et certains joueurs avaient étudié le sujet bien en amont.
Une carte s’est imposée très vite : Kai’Sa. Présente dans plusieurs decks performants à l’international, elle a rapidement été considérée comme une pièce maîtresse. De mon côté, je ne l’ai pas tirée dans mes boosters, mais je peux confirmer qu’elle mettait une vraie pression sur le terrain, notamment par sa capacité à créer des menaces multidirectionnelles au fil du match.
Un gameplay tactique, exigeant et original
Le système de jeu de Riftbound est pensé pour faire bosser vos neurones. Là où beaucoup de TCG se jouent sur un seul plateau, ici, vous devez gérer deux champs de bataille simultanément. Cela complexifie les choix : faut-il miser sur une offensive rapide sur l’un, ou prendre le temps de construire un contrôle long terme sur l’autre ? Ce double tempo rend chaque tour tendu et potentiellement décisif.
En tant que joueur débutant sur le titre, j’ai pris quelques claques, notamment lors de mes premières parties miroir avec le deck Viktor. Mais en observant la dynamique, en ralentissant un peu mon jeu, j’ai réussi à comprendre les choix cruciaux et à sortir une victoire (et même un match nul) dans les rounds suivants.
Un deck solide, qui ne me parle pas
Viktor est puissant, c’est clair. Mais au fil des parties, je me suis rendu compte qu’il ne correspondait pas à mon style de jeu. Trop de set-up, pas assez de tempo immédiat. Ce que je préfère, ce sont les decks agressifs, qui prennent le contrôle rapide du plateau et mettent l’adversaire sous pression constante.
Heureusement, mes boosters m’ont offert de quoi rêver à d’autres builds : j’ai notamment eu la chance de tirer Warwick et Miss Fortune, deux cartes taillées pour une stratégie plus offensive, plus directe, plus “je t’étouffe dès le tour 3”.
J’ai aussi affronté un deck Lee Sin particulièrement différent dans sa dynamique. Plus imprévisible, plus basé sur les effets conditionnels. Une leçon que j’ai apprise à mes dépens : j’ai joué trop vite, mal lu certaines menaces, et terminé le tournoi sans victoire de match. L’humilité est de mise dans les premiers jours d’un jeu aussi technique.
Un vrai potentiel à suivre
Riftbound, c’est plus qu’un énième jeu de cartes à licence. Derrière sa plastique League of Legends, il y a un vrai cœur stratégique, un gameplay complexe et des mécaniques qui laissent entrevoir une profondeur énorme.
Et surtout, même lors d’un événement de lancement, on sent déjà cette dualité à la Magic entre lecture de méta et créativité personnelle. Pour ceux qui, comme moi, ont loupé le train Magic à ses débuts, Riftbound donne l’impression rare d’être là au bon moment. Maintenant, reste à suivre si la communauté continuera à nourrir cette richesse tactique dans les mois à venir.
En attendant, j’ai déjà commencé à rêver de mon prochain deck Warwick.
