Des fans de jeux vidéo détournent le système de vérification d’âge en ligne en utilisant des modèles 3D… et Kazuma Kiryu de la saga Yakuza est leur nouvelle arme secrète. Grâce à un montage bien ficelé dans Blender, certains parviennent à tromper les systèmes de reconnaissance faciale automatisés, soulevant des questions sur la fiabilité de ce type de vérification.
Kazuma Kiryu, nouveau passe-partout numérique
Quand il ne distribue pas des mandales dans Kamurocho, Kazuma Kiryu prête maintenant son visage à une toute autre mission : contourner les restrictions d’âge sur certains sites. Cette initiative vient de Tamzyn, une artiste numérique et fan de la série Like a Dragon (anciennement Yakuza). Grâce à un modèle 3D du célèbre yakuza importé dans Blender, elle a montré comment il est possible de tromper un système de reconnaissance faciale destiné à vérifier l’âge.
En animant les mouvements de tête de Kiryu selon les requêtes du système (haut, bas, gauche, droite), elle a réussi à faire croire à l’algorithme qu’il avait affaire à une vraie personne adulte. Résultat : accès accordé, sans le moindre scan de visage humain.
L’opération ne nécessite ni IA poussée ni modélisation ultra-précise. Il suffit d’un modèle 3D assez réaliste et bien animé, comme ceux qu’on trouve dans les jeux modernes ou dans les mods de fans. Le tout se fait hors ligne, via des logiciels d’animation gratuits ou open source comme Blender.
Une méthode pas si nouvelle, mais toujours efficace
Cette manière de contourner les contrôles d’âge n’est pas tout à fait inédite. Avant Kazuma Kiryu, d’autres personnages de jeu vidéo ont servi de leurres dans des situations similaires. Voici quelques exemples qui ont également réussi à berner des systèmes :
- Wallace Breen, le politicien cynique de Half-Life 2
- Zbigniew Stolarski, un personnage secondaire d’Arma III
- Sam Porter Bridges, le héros fatigué de Death Stranding
- Le Heavy, figure massive et caricaturale de Team Fortress 2
Tous ont pu, à différentes échelles, passer pour des humains crédibles aux yeux d’un logiciel censé repérer des visages réels.
Techniquement, leur succès repose sur un mélange d’animations faciales cohérentes, d’un éclairage adapté et d’une résolution suffisante pour simuler une interaction crédible. Rien de très sophistiqué en soi, mais largement suffisant pour passer un contrôle automatisé.
Une pratique marrante, mais pas sans conséquences
Si le concept prête à sourire et tourne pas mal sur les réseaux, il soulève aussi de vraies interrogations. Pour les développeurs d’algorithmes de vérification biométrique, ce genre de détournement montre à quel point leurs systèmes peuvent être dupés par des outils facilement accessibles.
Certes, ces techniques ne concernent que certains types de contrôles en ligne (souvent dans les pays qui imposent une identification faciale pour accéder à du contenu réservé aux adultes), mais elles mettent en lumière les limites de la reconnaissance faciale automatisée.
Cela remet notamment en question l’efficacité de ces systèmes face à des fausses identités numériques, qu’elles soient générées par IA ou issues du monde vidéoludique.
Pour l’instant, aucun acteur majeur de la reconnaissance faciale n’a répondu publiquement à ce genre de manœuvre. Mais avec la montée en puissance des avatars numériques et des deepfakes, il y a fort à parier que ce genre de contournement va continuer à se développer, entre hacking malin et pirouettes créatives.

