Electronic Arts change de main pour la somme colossale de 55 milliards de dollars. Un consortium mené par le Fonds d’investissement public d’Arabie saoudite (PIF), accompagné de Jared Kushner via Affinity Partners et du fonds Silver Lake, en a fait l’acquisition. Une opération d’ampleur qui va sortir EA de la bourse d’ici 2027.
Un rachat historique qui bouscule le paysage du jeu vidéo
Il s’agit tout simplement de la deuxième plus grosse acquisition de l’histoire du jeu vidéo, juste derrière l’achat d’Activision Blizzard par Microsoft. Ce mouvement massif positionne le Moyen-Orient comme un acteur désormais incontournable dans le secteur, avec le PIF comme tête de pont de cette stratégie d’expansion globale.
L’accord prévoit que chaque action EA soit rachetée à 210 dollars, en numéraire. La sortie complète de la société du Nasdaq est prévue pour le premier trimestre de l’exercice fiscal 2027, après validation par les autorités réglementaires concernées. Autrement dit, dans un peu moins de trois ans, EA ne sera plus une entreprise cotée.
Andrew Wilson, toujours à la tête de l’entreprise, reste optimiste. Il parle d’un partenariat qui « accélérera l’innovation » et permettra de « créer des expériences transformatrices » pour les générations futures. De beaux mots, mais qui ne suffisent pas à faire oublier certaines inquiétudes légitimes qui émergent déjà.
20 milliards de dettes dans la balance : de quoi inquiéter
Le financement de l’acquisition repose en grande partie sur un endettement colossal. Près de 20 milliards de dettes seront contractés pour boucler l’opération. Ce genre de montage financier met souvent une pression énorme sur la rentabilité de l’entreprise fraîchement rachetée, avec à la clé des risques non négligeables :
- réduction de la voilure sur certains projets jugés moins rentables
- gel ou ralentissement des développements en cours
- licenciements pour optimiser les coûts
- recentrage sur les licences majeures uniquement
Ce sont des scénarios qu’on a déjà vus dans d’autres secteurs et qui, même avec les déclarations rassurantes des dirigeants, ne sont pas à écarter.
Du côté du fonds saoudien, on insiste sur la croissance et l’innovation. Turqi Alnowaiser, officiel du PIF, veut faire d’EA un moteur mondial de la création vidéoludique. Même son de cloche chez Silver Lake, dont le représentant Egon Durban évoque déjà « des investissements massifs » à venir. Jared Kushner, de son côté, salue la « vision audacieuse » de l’équipe en place.
Un changement d’ère pour EA, et une expansion affirmée du Moyen-Orient dans le gaming
Ce rachat marque une nouvelle ère pour EA, qui quitte le monde des entreprises cotées après des décennies de présence sur les marchés. Ce n’est pas simplement un changement de propriétaire : c’est un changement de cap stratégique, dicté par des fonds venus d’ailleurs, avec des ambitions globales.
Le Moyen-Orient, par l’intermédiaire du PIF, poursuit ainsi sa stratégie d’investissement massif dans les industries culturelles, sportives et numériques. Après le sport, le cinéma et le streaming, le jeu vidéo devient un fer de lance. Et quand on met 55 milliards sur la table, ce n’est jamais sans attendre un retour conséquent.

