Seize ans après sa dernière apparition en solo, Fable s’est offert une vraie première vitrine lors du Xbox Developer Direct. Sous la houlette de Playground Games, le reboot annonce un virage ambitieux pour la série initiée par Lionhead Studios, tout en conservant son humour grinçant et son univers de conte de fées.
Un retour qui ne cherche pas à copier l’ancienne formule
C’est Ralph Fulton, directeur créatif chez Playground Games, qui le dit clairement : cette nouvelle version de Fable ne cherche pas à refaire un jeu “à la Lionhead”. L’objectif n’est pas de reproduire le passé, mais de proposer une vision neuve et fidèle à ce que l’équipe actuelle souhaite incarner. En clair, ce Fable devient celui de Playground, avec ses propres choix artistiques, sa propre rythmique, son propre ton.
Cela dit, les racines ne sont pas oubliées. Le studio a pris le temps de consulter les documents de conception laissés par Lionhead après sa fermeture en 2016, et l’un d’eux a particulièrement marqué l’équipe : “Fable is Fairytale, not Fantasy.” Une ligne directrice clairement assumée ici, avec un monde qui privilégie le merveilleux, le second degré, et ces petites touches absurdes qui définissaient l’ADN de la série.
Les clins d’œil emblématiques sont bien là, comme le célèbre coup de pied dans les poules, mais traités avec un nouveau regard. Et c’est justement l’occasion pour le studio d’illustrer la manière dont il veut gérer la morale dans le jeu.
Un système de moralité plus subtil et plus vivant
Finies les barres de karma rigides façon “gentil ou méchant”. Dans le nouveau Fable, tout passe par le regard des autres. Chaque action du joueur est observée par les PNJ, qui réagissent en fonction de leur propre vision morale. Kicker une poule sous leurs yeux pourra vous valoir le surnom de “traqueur de poules” si l’observateur s’en offusque, ou laissera certains indifférents s’ils n’y voient aucun mal.
Ce système dynamique promet une immersion renforcée dans le monde d’Albion, où la réputation ne dépend plus d’un compteur invisible, mais des témoignages concrets des habitants. On est bien dans l’idée d’un monde vivant, qui juge et retient vos faits et gestes, au gré de ses propres règles internes, ses humeurs et ses valeurs.
C’est ce type de mécanique qui nourrit l’univers de contes de fées, avec ses héros pas toujours nets et ses méchants parfois nuancés qu’ils n’en ont l’air.

Toujours cet humour anglais un peu absurde… et ça fait du bien
Dès la séquence de gameplay dévoilée, le ton est donné : dialogues mordants, personnages haut en couleur, et une voix off légère. L’esprit Fable n’a pas pris une ride à ce niveau-là, et l’on sent que Playground mise beaucoup sur la narration cocasse avec des personnages au caractère bien trempé.
L’humour “à la britannique” reste au cœur des dialogues, avec ce mélange d’ironie, de légèreté, et parfois d’un fond plus piquant, qui faisait le sel des premiers opus. C’est aussi là que le studio montre qu’il a compris l’essence de la série : raconter des histoires, mais en laissant le joueur écrire la sienne avec une bonne dose de dérision.
Des ambitions techniques à la hauteur
Pas beaucoup de détails sur les mécaniques précises ou sur la structure du monde (open world complet ou zones interconnectées), mais ce qu’on a vu graphiquement est franchement propre. Les environnements sont travaillés, végétation luxuriante, éclairages naturels, et surtout — signe distinctif — une volonté de rendre chaque lieu mémorable, comme dans un décor de film d’animation.
Playground Games n’en est pas à son coup d’essai technique. Les amateurs de la série Forza Horizon connaissent leur souci du détail, leur sens de la mise en scène, et leur maîtrise du moteur maison. Et manifestement, ce savoir-faire n’est pas perdu en changeant de genre.
Ce qu’on peut attendre pour la sortie prévue cet automne
Prévu pour l’automne prochain, Fable version Playground donne l’impression de redémarrer intelligemment. En s’appuyant sur l’esprit de la série sans chercher à copier l’original, le studio anglais semble réinventer sans renier. C’est un équilibre difficile, mais prometteur sur ce qu’on a pu voir.
On y retrouvera :
- Une narration portée par des personnages excentriques et mémorables
- Un système de réputation basé sur le regard des autres, plus vivant qu’un simple arbre de karma
- Un monde de conte de fées, cohérent, drôle, parfois grinçant, mais jamais générique
- Un ton absurde à la Fable, pleinement assumé
Bref, de quoi largement piquer notre curiosité d’ici la sortie. Le vrai test viendra manette en mains, mais pour l’instant, les signaux sont plutôt bons.
