Final Fantasy 7 Remake: Part 3 pourrait bien être influencé par la claque inattendue que représente Clair Obscur: Expedition 33. Ce RPG signé Sandfall Interactive bouscule les codes du genre avec brio, au point d’avoir tapé dans l’œil de Naoki Hamaguchi, directeur des deux précédents opus du remake, qui voit en lui un modèle à suivre. Mais attention, s’inspirer ne veut pas dire copier.
Un RPG qui impressionne jusque chez Square Enix
Expedition 33 n’est pas juste un énième RPG à la japonaise. Ce jeu est parvenu à moderniser la formule tout en rendant hommage à des piliers comme Final Fantasy ou Persona. Le résultat, c’est une aventure au tour par tour saisissante, des personnages réalistes et des thématiques humaines fortes. Gustav et Maelle, les deux protagonistes, vivent des conflits intimes et sociaux bien ancrés dans une réalité émotionnelle, même si le cadre reste fantastique.
Cet équilibre rare entre étrangeté et familiarité a suffisamment marqué les esprits pour se faire remarquer par Naoki Hamaguchi lui-même. Le réalisateur de Final Fantasy 7 Remake et Rebirth a déclaré voir en Expedition 33 le jeu de l’année, saluant son audace et sa finesse d’exécution. Ce n’est pas anodin, surtout au moment où la suite du remake entre en phase de conception.

Pas de retour au tour par tour pur et dur, s’il vous plaît
Lors d’une récente interview, Hamaguchi n’a pas exclu la possibilité que Final Fantasy 7 Remake: Part 3 adopte un système de combat au tour par tour. Réaction naturelle à l’engouement autour d’Expedition 33, peut-être. Mais ce serait, selon moi, une erreur stratégique. Square Enix a déjà trouvé une formule solide avec ses combats hybrides : un savant mélange d’action fluide et de gestion tactique, peaufiné d’un épisode à l’autre.
Revenir au tour par tour classique casserait cette continuité, au risque de frustrer une grande partie des joueurs ayant adopté ce nouveau dynamisme. On parle ici de sensations de jeu très spécifiques, d’un rythme en combat qui donne vie aux affrontements. Revenir en arrière pour le plaisir des nostalgiques n’aurait pas de sens après deux épisodes qui ont fait école avec leur gameplay.
Expedition 33, une leçon d’écriture et d’humanité
Si le troisième volet du Remake doit tirer quelque chose d’Expedition 33, ce ne sont pas ses mécaniques brutes, mais son traitement des personnages. Sandfall a prouvé qu’un JRPG peut éviter les clichés tout en restant émotionnellement puissant. Plutôt que d’opter pour une révolution technique, Square Enix aurait tout à gagner à creuser le lien entre ses personnages, affiner leurs dialogues, et proposer des choix de réponse plus travaillés.
On sent déjà cette intention dans Rebirth, avec des moments plus posés, où les personnalités de chacun apparaissent plus clairement. Là où Expedition 33 réussit, c’est dans la sincérité de ses dilemmes. Emprunter cette approche permettrait au Remake de renforcer l’impact narratif sans renier ses fans historiques.
L’évolution oui, le mimétisme non
Ce n’est pas parce qu’Expedition 33 réussit là où d’autres ont échoué que tous les RPG doivent changer de cap. La tentation de voir dans son succès le retour en grâce du tour par tour est réelle, mais elle serait mal interprétée. Ce que les joueurs ont plébiscité, c’est une exécution maîtrisée, pas une formule figée.
Là-dessus, Final Fantasy 7 Remake doit continuer dans sa logique : moderniser sans perdre son identité. Un bon jeu s’inspire des autres sans trahir ce qu’il est. C’est exactement ce que la trilogie a fait jusqu’ici, et c’est ça qu’il faudra conserver dans le dernier acte, tout en intégrant, avec parcimonie, certaines leçons de son nouvel élève modèle.
À retenir :
- Expedition 33 impressionne par sa sincérité narrative et ses combats tour par tour modernes
- Son impact est suffisamment fort pour influencer les créateurs du Remake de FF7
- Un retour au tour par tour pur serait une régression pour la trilogie
- Square Enix doit plutôt s’emparer des qualités d’écriture et d’humanité du jeu de Sandfall Interactive
- L’avenir du JRPG passe par une évolution mesurée, pas une nostalgie mal ciblée
