Ghost of Yotei relève brillamment le défi de la suite attendue avec une approche intelligente : enrichir le système de combat pour éviter l’écueil de la redite. Alors que Ghost of Tsushima posait déjà une base solide, cette suite se montre plus audacieuse là où Spider-Man 2 s’était contenté du minimum.
Un vrai plaisir de varier les armes
Là où le premier opus se reposait presque exclusivement sur le katana et quelques armes à distance, Ghost of Yotei ose enfin diversifier l’arsenal. C’est clairement le plus grand changement de cette suite, et il change la donne. Désormais, on peut manier :
- Le katana classique, toujours aussi rapide et précis
- Le double katana pour des enchaînements nerveux et agiles
- L’odachi, une lame lourde qui appelle au contres bien placés
- Le yari, sorte de lance idéale pour garder la distance
- Le kusarigama, chaîne et faucille pour la mobilité et l’attaque à mi-portée
- Et même des armes à feu, introduites plus tard dans l’histoire pour pimenter les affrontements
Chaque arme possède son propre arbre de compétences, sa manière de briser les gardes ou de gérer des groupes d’ennemis. On ne tape plus mécaniquement, on choisit comment on veut approcher un combat. La sensation à la manette gagne en finesse et en variété : un duel ne se joue pas de la même façon selon l’arme en main.
Du rythme et de la stratégie
Ce mélange donne un rythme de jeu bien plus dynamique que dans Ghost of Tsushima. On alterne entre les armes selon les ennemis, les terrains, l’humeur du moment aussi. L’odachi est plus lent mais frappe comme une masse. Le kusarigama permet de jouer plus tactique : attirer un adversaire isolé, perturber un groupe avant d’entrer au katana. On sent que Sucker Punch a pensé chaque arme pour qu’elle ne soit pas juste une skin différente.
Même sans avoir tout débloqué en début de partie, les possibilités sont là. On expérimente, on ajuste. Et ça tient bien sur la durée, ce qui était l’une des faiblesses de Spider-Man 2 : belle ouverture, mais répétition trop rapide de ses mécaniques. Ici, le système d’armes ralentit cette lassitude.
Une suite qui comprend son héritage
Ce qui fait plaisir, c’est que Ghost of Yotei ne renie jamais ce qui a fait la force de Tsushima. On retrouve l’ambiance de sabre, de vent, de tensions dans les plaines et forêts. Mais là où beaucoup de suites se contentent de poser un décor élargi et deux gadgets en plus pour cocher la case « nouveautés », ici le studio a choisi de toucher au cœur du gameplay.
Sucker Punch prouve qu’on peut construire une suite solide en modifiant les fondamentaux de manière réfléchie. Pas besoin de renverser la table, mais simplement enrichir l’expérience de jeu là où elle compte vraiment. Une méthode que d’autres studios devraient observer de plus près.

