Même au sein de Rockstar, Red Dead Redemption 2 fait l’unanimité. Selon Dan Houser, cofondateur du studio et plume majeure derrière ses plus grands succès, ce western épique surpasserait tous les autres titres de la maison, GTA compris. Et quand une telle déclaration vient de l’un des cerveaux du jeu, on s’y attarde.
Un monstre de narration selon Dan Houser
Interrogé lors de la LA Comic Con par Ryan McCaffrey d’IGN, Dan Houser n’a pas mâché ses mots : Red Dead Redemption 2 est, à ses yeux, le meilleur jeu sur lequel il ait travaillé. Ce n’est pas rien venant de celui qui a coécrit pratiquement tous les scénarios majeurs de Rockstar depuis les années 2000. Pour lui, le jeu atteint une cohérence rare dans le monde du jeu vidéo, alliant narration, gameplay et ambiance d’une manière fluide et naturelle.
Houser insiste sur la dimension émotionnelle de l’aventure. D’après lui, peu de titres arrivent à livrer une histoire aussi organique, qui se tisse avec subtilité à travers les choix du joueur, la progression des personnages et la façon dont le monde ouvert respire autour d’eux. Ce n’est pas juste une suite de missions principales, c’est une immersion totale dans la chute lente et inévitable d’une époque, celle des derniers cowboys.
Une richesse qui dépasse le simple scénario
Ce qui rend Red Dead Redemption 2 si marquant, c’est aussi ce qui l’entoure. L’aspect RPG, les éléments de survie, le rythme plus posé que dans GTA, tout cela y joue. Le monde est vaste, magnifique et brutal. Le moindre village, le plus petit campement perdu dans la nature, a été pensé avec soin. Chaque personnage secondaire a son emploi du temps, ses réactions propres, ses petits détails qui donnent le sentiment d’un monde vivant.
Là où certains mondes ouverts ressemblent à de grandes cartes vides remplies de points d’intérêt, RDR2, lui, vit de lui-même. Le jeu invite à la contemplation, à l’observation, à la lenteur. Et c’est justement ce que Houser valorise le plus : cette capacité à raconter sans toujours parler, à faire ressentir des choses rien qu’à travers les paysages, les regards, le temps qui passe.
Une reconnaissance critique qui ne faiblit pas
Red Dead Redemption 2 est sorti en 2018, mais sa popularité ne s’est jamais vraiment effondrée. Il revient même régulièrement au devant de la scène, que ce soit à travers des promotions, des speedruns ou des mods sur PC. Dernière preuve en date, un regain notable sur Steam suite à une réduction, avec à la clé une nouvelle vague de joueurs.
La note du jeu sur Metacritic reste impressionnante : 97/100 basée sur 99 critiques, dont aucune n’est négative. Du côté des joueurs, on est sur un solide 8,9. C’est rare, surtout pour un jeu aussi dense et exigeant, d’avoir une telle unanimité. Et ce succès durable, il le doit en grande partie à la justesse de son écriture et à la richesse de son gameplay, qui laissent une empreinte durable à ceux qui l’ont terminé.
Un sommet chez Rockstar, même face à GTA
Quand on pense Rockstar, on pense naturellement à GTA. Mais même face au mastodonte Grand Theft Auto V, Red Dead Redemption 2 tire son épingle du jeu par sa volonté de raconter autrement. Là où GTA mise sur la satire, l’absurde et le spectaculaire, RDR2 choisit la gravité, le réalisme et les émotions brutes.
Ce sont deux visions du monde ouvert très différentes, et Houser l’a bien compris. Dans cet univers de braquages et de revanche, la grandeur du jeu ne vient pas seulement de son contenu, mais de la manière dont il nous attache à un gang en chute libre, à un personnage complexe comme Arthur Morgan, et à une époque en train de s’effacer.
Même des années plus tard, aucun autre jeu n’a totalement repris ce flambeau. Et quand l’un des architectes de Rockstar le place au sommet, difficile de ne pas le croire sur parole.

