Cyberpunk 2077 a fait un choix fort dès ses premières heures de jeu : peu importe votre origine ou la voie choisie pour votre personnage V, Jackie Welles, votre acolyte loyal, meurt inévitablement lors du braquage chez Arasaka. Un moment marquant qui, selon les développeurs, n’aurait pas gagné à être allongé davantage.
Une relation express mais marquante avec Jackie
Dès les prémices du jeu, CD Projekt Red fixe les limites de la relation entre V et Jackie. Quel que soit le parcours de départ choisi par le joueur (Nomade, Gosse des rues ou Corpo), l’histoire vous mène rapidement à collaborer avec Jackie le temps d’un prologue dynamique. Pourtant, ce lien, censé être fort, repose principalement sur un montage vidéo : une suite de scènes stylisées qui dépeint les mois de camaraderie et de missions partagées entre les deux personnages.
Face à certains joueurs qui ont regretté un attachement trop rapide avant la mort de Jackie, Igor Sarzynski, directeur de la suite Cyberpunk 2, a pris la parole. Selon lui, allonger ce début de jeu aurait nui au rythme global du récit. Il compare cela à un film Star Wars qui passerait trop de temps sur la ferme de Luke Skywalker avant qu’il ne parte à l’aventure. L’exemple est parlant : ce choix narratif vise à ne pas ralentir l’élan de l’histoire.

Pas de contenu coupé, mais un choix assumé de mise en scène
Certains fans avaient cru que le fameux montage entre Jackie et V remplaçait du contenu coupé pour des raisons de temps ou de budget. Sarzynski a catégoriquement nié cette idée, expliquant que le segment avait toujours été conçu ainsi. Le but était de transmettre une relation solide entre les deux personnages sans diluer l’introduction du jeu dans une accumulation de quêtes annexes ou de dialogues étirés.
En tant que jeu en monde ouvert, Cyberpunk 2077 mise sur la liberté de progression. Les objectifs initiaux de V sont volontairement flous : le joueur explore, teste et cherche ses marques sans être guidé au cordeau. Prolonger artificiellement cette phase aurait, selon les développeurs, brouillé le propos et réduit l’impact émotionnel du braquage chez Arasaka qui sert de déclencheur à l’histoire principale.
Un équilibre narratif qui ne fera pas l’unanimité
La disparition rapide de Jackie reste un choix diviseur, et Sarzynski en est conscient. Il admet que certaines personnes ont été peu affectées, là où d’autres auraient voulu vivre plus d’heures à ses côtés. Difficile de trouver un équilibre qui parle à tous les profils de joueurs, mais CD Projekt Red estime que la structure actuelle permet à la fiction d’avancer sans perdre en intensité.
Ce positionnement, que d’aucuns jugeront trop expéditif, traduit une volonté claire : poser rapidement les enjeux, marquer émotionnellement le joueur et ne pas trop s’attarder sur l’avant-main quest. Que l’on adhère ou pas, le rythme serré du début de Cyberpunk 2077 fait partie intégrante de sa signature narrative.
