Jeux trop lourd

Jeux trop lourds à garder ? Nos astuces pour libérer de l’espace sans rien sacrifier

Entre la montée en puissance des consoles et l’ambition grandissante des studios, les jeux vidéo n’ont jamais été aussi gourmands en espace disque. Un problème bien concret pour les joueurs qui aiment garder quelques titres « au cas où » sur leur machine, même sans les lancer régulièrement. Une habitude aujourd’hui sérieusement mise à mal.

L’envie de garder un jeu à portée de main

À une époque pas si lointaine, il était facile de conserver quelques jeux pas trop lourds, histoire de pouvoir y rejouer à la volée. Des titres comme Jackbox Party Pack illustraient bien cette philosophie : des soirées improvisées en famille ou entre amis, une session rapide lancée en quelques secondes, sans avoir à patienter sur un écran de téléchargement. La pandémie avait d’ailleurs renforcé cette façon de jouer, où l’accessibilité primait sur l’investissement à long terme.

Mais aujourd’hui, même les jeux qu’on pensait garder “juste au cas où” deviennent encombrants. Prenons Hitman 3, par exemple. Terminé en une quinzaine d’heures, mais resté installé pendant près de 200 heures supplémentaires, simplement pour pouvoir relancer une mission brillante ou tester une nouvelle approche. Ce genre de flexibilité devient un luxe.

Des chiffres qui grimpent et qui obligent à faire des choix

Les exemples ne manquent pas. Borderlands 4, apprécié mais aussitôt désinstallé après la fin du scénario, n’occupait “que” 29 Go malgré une mention à 45 Go sur l’emballage. Relativement léger sur le papier, mais dans une bibliothèque où Baldur’s Gate 3 dépasse les 131 Go et Kingdom Come: Deliverance 2 flirte avec les 89 Go, ces chiffres deviennent une vraie contrainte.

Quelques poids-lourds qui saturent les SSD PS5 :

  • Baldur’s Gate 3 : 131,6 Go
  • Kingdom Come: Deliverance 2 : 88,62 Go
  • Metal Gear Solid Delta : environ 86 Go
  • Like a Dragon : Pirate Yakuza in Hawaii : environ 90 Go
  • Ghost of Yotei : dans la même fourchette

On joue moins par envie que par disponibilité. Si un jeu occupe 100 Go, c’est souvent au détriment d’un autre, peut-être à peine entamé.

L’héritage de la génération PS4

Call of Duty

Ce n’est pas un phénomène neuf. La tendance s’est vraiment révélée avec la génération PS4. Les Call of Duty dépassaient sans sourciller les 100 Go, sur des machines pourtant limitées à 500 Go en standard. Et à force de mises à jour massives, certains patches frôlaient la taille d’un jeu entier. Depuis, certains studios ont tenté des systèmes malins, comme la suppression automatique d’une campagne solo une fois terminée. Mais ça ne suffit pas.

Chaque génération semblait promettre une amélioration. Les SSD de la PS5 sont bien plus rapides, plus grands… et pourtant, les fichiers explosent. Ghost of Tsushima pesait environ 35 Go sur PS4. Sa suite directe dépasse facilement les 70. Metal Gear Solid Delta, censé être une relecture linéaire de Phantom Pain, est pourtant presque trois fois plus volumineux. Et pourtant, rien ne justifie vraiment un triplement du poids sauf une intensification graphique.

Techniquement bluffant, mais à quel prix ?

Ces jeux poussent les consoles dans leurs retranchements : textures plus fines, mondes plus denses, éclairages de plus en plus “cinématographiques”. Des avancées notables sur le plan visuel, mais dont le revers freine petit à petit une forme de légèreté dans la pratique du jeu vidéo. Aujourd’hui, installer un seul nouveau jeu implique presque toujours d’en supprimer un autre. Et parfois, ce n’est même pas celui qu’on a fini.

On est loin de l’époque des cartes mémoire sur GameCube, où quelques dizaines d’euros suffisaient pour stocker cinquante jeux. Aujourd’hui, les joueurs jonglent avec cinq ou six titres en rotation, non pas parce que ce sont leurs préférés, mais parce que le SSD crie grâce.

Storage wars : il faut choisir ses combats

Ajoutez à cela les énormes patchs day one, les contenus supplémentaires obligatoires et les doublons de fichier (4K oblige), et l’on comprend pourquoi garder Hitman 3 par précaution devient presque absurde à l’ère Baldur’s Gate 3. Certains misent sur du stockage externe, certes, mais difficile de profiter pleinement des SSD NVMe internes dans ces conditions.

Alors on espère un léger rééquilibrage. Pas forcément un retour aux cartes mémoires, on n’est pas naïfs. Mais un effort entre développeurs et constructeurs pour retrouver une certaine souplesse. Et peut-être, un jour, pouvoir à nouveau garder trois ou quatre jeux “au cas où” sans avoir à se transformer en gestionnaire de disque dur toutes les semaines.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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