Même après avoir rangé la cape et les crocs d’Astarion, Neil Newbon reste marqué par son passage dans Baldur’s Gate 3. L’acteur britannique explique avoir du mal à se débarrasser de certaines habitudes héritées de son personnage culte, un effet direct de sa méthode de travail ultra immersive.
Le method acting qui laisse des traces
Neil Newbon ne fait pas les choses à moitié. Pour incarner Astarion, l’elfe vampire sarcastique de Baldur’s Gate 3, il a plongé tête la première dans une approche qu’on appelle le « method acting ». L’idée est simple sur le papier mais redoutable en pratique : incarner à fond son personnage, jusqu’à en adopter les gestes, les intonations et même les réflexes.
Résultat, même après la fin du tournage, certains tics refont surface sans crier gare. Newbon avoue notamment garder le rire très particulier d’Astarion, cette sorte de gloussement narquois qui a fait craquer pas mal de joueurs. Il raconte même que ce rire s’échappe parfois sans qu’il s’en rende compte, notamment quand il est très enthousiaste.
Les souvenirs d’Astarion… et de Bryn le singe
Newbon ne s’en cache pas, il a du mal à tourner la page de certains rôles. Et ce n’est pas la première fois que ça lui arrive. Dans une interview accordée à Luality, relayée par GamesRadar, il revient aussi sur un autre personnage qui l’a durablement marqué : Bryn, le singe qu’il jouait dans Planet of the Apes: Last Frontier.
Le plus étonnant, c’est que même ce personnage simiesque laisse encore des traces. Newbon raconte que lorsqu’il est énervé, certains tics physiques de Bryn réapparaissent. Il ne précise pas lesquels, mais on imagine facilement quelques mouvements de posture un peu raides ou des gestes instinctifs hérités du comportement animal. Ce genre de détails montre à quel point l’acteur entre profondément dans ses rôles.
Une voix de jeu bien différente de la sienne
Autre aspect intéressant évoqué dans l’interview : la voix. Newbon précise que sa voix naturelle est en réalité bien différente de celle d’Astarion. Elle est plus grave, moins articulée et surtout moins « théâtrale ». À l’inverse, il compare ce décalage avec celui de sa collègue Jennifer English, qui campe l’ambiguë Shadowheart. Sa voix à elle est très proche de celle de son personnage, ce qui lui rendrait les choses sans doute un peu plus faciles.
Pour Newbon, incarner Astarion exige donc un effort vocal constant. Pourtant, même sur ce point, les réflexes reviennent facilement. Il arrive que sa voix prenne naturellement les intonations du vampire lorsqu’il s’emballe ou qu’il rit. Comme si Astarion vivait encore quelque part en lui, prêt à surgir au coin d’une conversation trop animée.
« Je ne mords pas les gens, promis »
Évidemment, l’acteur sait aussi prendre du recul. Avec un clin d’œil à l’univers de Baldur’s Gate 3, il plaisante sur le fait qu’il ne s’est pas encore mis à mordre les gens pendant leur sommeil. Une façon de rassurer tout le monde mais surtout de souligner à quel point l’expérience a été intense et marquante.
Neil Newbon prouve ainsi que le jeu vidéo, surtout dans sa forme narrative moderne, demande une implication d’acteur comparable à celle du cinéma ou du théâtre. Et dans le cas d’un personnage aussi charismatique qu’Astarion, difficile de tourner la page du jour au lendemain.

