Rockstar Games prépare la sortie de Grand Theft Auto 6 pour le 26 mai 2026, mais une question continue de revenir : pourquoi le studio ne s’est-il jamais aventuré dans le registre de la fantasy ? Connu pour ses mondes ouverts réalistes et détaillés, Rockstar semble demeurer attaché à une certaine forme de vraisemblance, au détriment d’un potentiel créatif plus vaste.
Rockstar, le roi du réalisme
Depuis ses débuts, Rockstar a bâti sa réputation sur des mondes inspirés du réel. Grand Theft Auto a posé les bases avec ses reconstitutions satiriques de la société américaine, entre criminalité urbaine, satire politique et technologie contemporaine. Red Dead Redemption a plongé dans l’Ouest sauvage avec un souci rigoureux du détail historique. Même Bully, avec son ambiance de lycée américain, restait profondément enraciné dans un cadre reconnaissable par tous.
Le studio est passé maître dans l’art du worldbuilding réaliste. Ses environnements sont crédibles, vivants, pleins de situations et de populations qui reflètent notre monde. L’univers est souvent retravaillé et caricaturé, mais toujours identifiable. Même les écarts vers la fiction, comme les aliens ou les OVNIs dans GTA V, restent anecdotiques ou secondaires.
La seule vraie exception reste Undead Nightmare, un DLC de Red Dead Redemption où le western se teintait de zombies. Une incartade vers le surnaturel certes réussie et bien accueillie, mais restée sans suite.
Et si Rockstar lâchait le réalisme ?
Imaginer Rockstar prendre un virage fantasy ouvre la porte à une infinité de possibilités. Le gameplay qui fait leur force pourrait s’adapter à un autre décor, sans rien perdre en impact :
- Une épopée de voleurs de reliques magiques à la place de braqueurs de banques
- Un anti-héros entouré de mages, de dragons et de golems, naviguant dans les jeux de pouvoir d’un royaume en guerre
- Des déplacements à cheval ou en griffon, accompagnés de chants elfiques au lieu d’une playlist radio
- Des sorts en guise de gadgets, de l’alchimie comme système d’upgrade, ou même des dialogues influencés par des alignements moraux façon RPG
On garderait l’ADN Rockstar : monde vivant, libertés de gameplay, scénario fort. Mais dans un contexte totalement nouveau.
Un style unique, sans licence ni compromis
Certains diront que le genre est déjà bien fourni, avec The Witcher 3, Skyrim ou Dragon Age. Mais Rockstar n’a pas besoin de licence pour imposer sa patte. Ce qu’il fait mieux que quiconque, c’est raconter des histoires en liberté dans des mondes cohérents, avec une écriture acide et une mise en scène toujours juste.
Dans un monde fantasy, Rockstar pourrait :
- Miser sur un ton plus sombre, façon tragédie antique avec sorcellerie et trahisons politiques
- Ou inverser la tendance et proposer une satire médiévale, entre absurdités de la royauté et dérives religieuses
- Ou même imaginer un monde original sans elfes ni orcs, à la Morrowind avec ses races étranges et ses cultures absurdes
Ce ne serait pas forcément un clone de Skyrim ou un ersatz de Game of Thrones. Rockstar pourrait créer un monde à son image : mature, déroutant, drôle et cruel à la fois.
Une évolution naturelle pour le studio
Rockstar sait changer de décor quand il le veut. Après des années passées à tourner autour de Los Santos, ils ont su recréer un XIXe siècle crédible et marquant avec Red Dead. Rien n’interdit d’imaginer un changement encore plus radical.
Un monde fantasy ne serait pas un reniement, mais une évolution logique. Le gameplay d’un GTA ou d’un Red Dead a toujours reposé sur des mécaniques solides : exploration, liberté, scénario, interactions multiples. Transposé dans un autre univers, ce socle reste pertinent. C’est la même grammaire ludique appliquée à un tout autre langage.
D’autant plus que les fans pourraient être séduits par l’idée de retrouver la formule Rockstar dans un environnement totalement neuf. S’il y a bien un studio capable de révolutionner le RPG fantasy comme il a redéfini le jeu en monde ouvert, c’est bien eux.
Rockstar a les outils. Il ne leur manque que l’audace.

