Licenciement chez Sucker Punch

Licenciée de Sucker Punch : comment Drew Harrison dénonce le vrai problème des campagnes de harcèlement

Une ex-employée de Sucker Punch, Drew Harrison, affirme que son licenciement n’est pas lié à une simple plaisanterie de mauvais goût, mais à une campagne de harcèlement ciblant l’équipe du studio. Connue pour son travail sur le projet Ghost of Yotei, elle revient publiquement, deux mois après les faits, pour clarifier sa version.

Une blague qui a mis le feu aux poudres

En avril dernier, Drew Harrison publie sur BlueSky une blague à propos de l’assassinat de Charlie Kirk, personnalité politique américaine. Elle écrit : « J’espère que le tireur s’appelle Mario pour que Luigi sache que son frère assure ses arrières » — une phrase en référence à la mort de Brian Thompson, PDG de UnitedHealthcare. La publication est immédiatement repérée, relayée, et suscite une vague de réactions indignées.

Peu après, Harrison assume son propos sur les réseaux. Elle affirme qu’elle n’éprouve aucun remords si cela signifiait défendre l’antifascisme. Elle déclare même qu’elle “irait encore plus loin” si elle le pouvait. Une prise de position politique franche, visiblement mal perçue en interne.

Sucker Punch tranche net : selon Brian Fleming, cofondateur du studio, « plaisanter sur un meurtre n’est pas acceptable », cela franchit une ligne rouge. Drew Harrison est rapidement licenciée, convoquée en visioconférence dès le lendemain de sa publication.

Mais selon la principale intéressée, cette décision ne résulte pas uniquement de son message.

Drew Harrison Sucker Punch

Campagne de harcèlement et gestion interne floue

Dans une interview accordée à Aftermath, Harrison dévoile une autre facette de l’histoire. Elle raconte qu’après sa publication, l’équipe de Sucker Punch est victime d’une campagne de harcèlement anonyme.

Des appels malveillants et parfois menaçants visent plusieurs membres du studio. L’intensité est telle que certains employés sont contraints de débrancher leur téléphone de bureau pour retrouver un semblant de calme. Drew Harrison explique avoir d’abord cru que la tempête médiatique passerait, pensant être une cible temporaire d’une colère passagère. Mais le lendemain de la mort de Kirk, elle est convoquée pour une réunion en ligne durant laquelle sa direction l’informe de son renvoi.

Selon elle, il n’a jamais été question de supprimer sa publication ni de présenter d’excuses. Et pourtant, ajoute-t-elle, elle aurait accepté l’une ou l’autre option si le service communication de Sucker Punch l’y avait soutenue. Elle déplore surtout l’absence totale d’enquête sur le harcèlement subi par l’équipe. Pour elle, c’est cette pression extérieure qui a conduit à son licenciement bien plus que ses mots eux-mêmes.

Une décision aux motifs contestés

Du point de vue de la direction, la justification est claire : Harrison aurait incité indirectement à la violence en publiant un message pouvant encourager certains comportements extrêmes dans les commentaires. Cette posture vise à protéger la réputation de l’entreprise, mais Drew Harrison y voit plutôt un prétexte.

Elle pense que la véritable raison est plus politique, et liée à la peur générée par une communauté hostile bien organisée. Pour elle, son renvoi reflète une volonté de dormir tranquille plutôt qu’un acte véritablement fondé sur les valeurs de l’entreprise. En prenant publiquement la parole aujourd’hui, elle espère éviter que d’autres ne se retrouvent dans une situation similaire, victimes d’une machine à outrage rapide à s’emballer, même face à une erreur reconnue.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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