Square Enix vient d’annoncer une vague de licenciements qui va frapper durement ses employés en dehors du Japon. Londres est particulièrement touchée, avec environ 140 postes en passe d’être supprimés. D’autres régions, dont l’Europe continentale et les États-Unis, sont aussi concernées. En tout, plusieurs centaines d’emplois pourraient disparaître dans les prochains mois.
Le grand ménage chez Square Enix ne fait pas dans la dentelle
Selon les informations de VGC, l’entreprise japonaise prévoit une restructuration majeure de ses bureaux occidentaux, touchant différents services clés : assurance qualité (QA), technologies de l’information, marketing, ventes et planification stratégique. C’est un coup dur pour de nombreux employés, d’autant plus que ces décisions ont été annoncées directement par le président Takashi Kiryu lors d’une communication interne.
La branche londonienne serait la première impactée, avec environ 140 départs programmés dans les prochaines semaines. Mais cet ajustement concerne l’ensemble des antennes non-japonaises du groupe, et l’ampleur réelle des licenciements pourrait dépasser plusieurs centaines de postes à l’échelle mondiale. De quoi faire grincer des dents dans une industrie déjà fragilisée.
De l’intelligence artificielle à la place des humains ?
Sans surprise, cette décision de dégraissage intervient alors que Square Enix a récemment déclaré vouloir faire réaliser jusqu’à 70 % de ses activités de QA par une intelligence artificielle générative d’ici 2027. L’entreprise ne lie pas directement cette transition technologique aux licenciements, mais le timing ne laisse guère de doute sur l’effet domino provoqué par l’intégration accélérée de l’IA en interne.
Cette automatisation progressive des processus de test, autrefois confiés à des équipes humaines, soulève une question simple : combien d’autres postes « support » pourraient bien disparaître à mesure que l’entreprise poursuit ses efforts d’efficience numérique ?

Kiryu invoque une vision plus « agile » pour le groupe
Le président Takashi Kiryu justifie cette décision en expliquant vouloir faire de Square Enix une entreprise plus « souple », « agile » et « efficace ». Un discours classique, souvent recyclé lors de plans sociaux de grande ampleur, mais qui laisse des dizaines, voire des centaines de professionnels expérimentés sur le carreau.
Pour les équipes britanniques concernées, une période de consultation est obligatoire par la loi avant que les licenciements ne prennent effet. Cette phase devrait s’étendre sur plusieurs semaines, mais pour beaucoup, la messe est dite.
Un contexte morose pour toute l’industrie
Ces coupes chez Square Enix s’inscrivent dans une tendance beaucoup plus large, symptomatique d’une année 2024 particulièrement brutale pour l’industrie. Amazon a récemment dissous sa division gaming, mettant fin au MMO New World, tandis que Microsoft a mené des licenciements massifs chez Xbox. Résultat : des projets majeurs comme le remake de Perfect Dark ou un MMORPG sous la houlette de ZeniMax ont tout simplement été annulés.
Quelques exemples récents de licenciements dans le secteur :
- Amazon : fermeture totale de la division jeux vidéo
- Microsoft : suppression de centaines de postes chez Xbox et studios affiliés
- Riot Games, Sega et Take-Two : réductions d’effectifs en début d’année
Cette vague de restrictions frappe tous les segments du secteur, des studios indépendants aux plus grands éditeurs. Même les géants japonais, longtemps perçus comme plus prudents, procèdent désormais à des coupes franches. Pour les joueurs, cela pourrait se traduire par des retards, des ambitions revues à la baisse pour certains projets ou simplement une baisse du nombre de productions majeures à moyen terme.
