IA à la place chez King

Licenciés… par leur propre IA : la douche froide chez King

King, le studio derrière Candy Crush, vient de licencier 200 personnes, soit 10 % de ses effectifs. Problème : certains des postes supprimés sont désormais remplacés par des intelligences artificielles… créées par les employés eux-mêmes avant leur départ. Un virage brutal qui secoue toute l’industrie du jeu mobile.

Des licenciements massifs dans le sillage de Xbox

Ces coupes font partie d’une restructuration plus large opérée par Microsoft, maison-mère de Xbox, qui a récemment supprimé plusieurs milliers d’emplois dans son secteur jeux vidéo. King n’y a pas échappé : environ 200 postes ont été supprimés, touchant plusieurs départements clés, principalement du côté de la gestion intermédiaire, de l’UX, de la rédaction narrative, de la conception de niveaux ou encore de l’assurance qualité.

King et IA

L’équipe de Farm Heroes Saga, notamment, a été particulièrement affectée avec 50 suppressions de poste d’un seul coup. Plusieurs cadres dirigeants de ce pôle sont actuellement en congé de départ jusqu’en septembre, une manière assez classique de cacher le malaise sans déclencher de nouvelle crise RH en interne.

L’IA, bras droit devenu remplaçant

Ce qui choque, au-delà de l’ampleur des licenciements, c’est la façon dont certaines tâches sont transférées à l’intelligence artificielle, sans détour et presque sans transition. Selon plusieurs témoignages d’anciens salariés, bon nombre des outils alimentés par IA mis en place récemment ont été conçus par les équipes désormais remerciées. Un cas très parlant : la team en charge du design de niveaux.

Elle a lourdement investi dans le développement d’un système automatisé capable de générer des niveaux sans intervention humaine. Résultat, l’équipe est quasiment dissoute et la machine remplit la mission à leur place.

La rédaction narrative n’échappe pas à la tendance. Des algorithmes conçus pour aider à la création de dialogues ou d’histoires sont devenus suffisamment performants aux yeux de la direction pour justifier une réduction du personnel humain. Le tout, dans une entreprise qui affiche pourtant de bons résultats financiers.

Voici les postes les plus touchés :

  • Design de niveaux
  • Écriture narrative
  • Expérience utilisateur (UX)
  • Assurance qualité
  • Recherche et développement
  • Middle management

Des décisions qui interrogent le sens de l’innovation. Améliorer la productivité ne veut pas forcément dire remplacer les humains à tout prix, surtout quand ces technologies sont issues du travail des équipes que l’on finit par remercier.

Une politique RH sous le feu des critiques

Plusieurs sources anonymes évoquent aussi un climat de défiance envers les ressources humaines. Certains licenciements n’auraient rien à voir avec la performance au travail mais seraient liés à des critiques internes ou à des commentaires postés sur les canaux numériques de l’entreprise.

Un ancien employé balance sans détour : “Le département RH de King est un déstastre. Leur seul rôle, c’est de protéger l’entreprise, certainement pas les salariés”.

Même avant ces annonces, l’ambiance au sein de King n’était pas au beau fixe. Pressions, automatisation galopante, fragilité de certains postes… Désormais, le moral est en chute libre chez les équipes restantes. La logique de profits commence sérieusement à éroder la culture interne.

Le malaise monte chez Xbox

Cette affaire King n’est pas la première à faire jaser depuis les récentes vagues de licenciements chez Xbox. La marque a déjà été critiquée pour avoir publié des annonces d’emploi accompagnées d’illustrations générées par IA. Pire, des employés fraîchement licenciés ont été invités à utiliser ChatGPT ou d’autres outils similaires pour “les aider à gérer leurs émotions”. Un message pour le moins glacial.

L’exemple de King, malgré son statut de géant du jeu mobile, interroge sur l’avenir du travail dans cette industrie. Là où l’intelligence artificielle était censée être un soutien créatif ou technique, elle devient peu à peu une alternative low-cost à l’humain. Un virage qui pourrait bien laisser des séquelles durables.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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