Silksong Hornet

Marre de rater les suites ? Acceptez de jouer sans tout finir avant

Rattraper une saga vidéoludique qu’on a laissée filer, ça semble une bonne idée sur le papier. Mais dans la pratique, ça tourne souvent à la course impossible contre le temps. Andrew King en sait quelque chose. Entre tentatives de raccrocher les wagons avec Death Stranding et Hollow Knight, et la montagne de rattrapage que représente une série comme Yakuza, il a appris à ses dépens que certains trains, une fois partis, sont presque impossibles à reprendre.

Vouloir tout faire d’un coup : le piège classique

Quand Silksong a enfin pointé le bout de son nez, King s’est dit qu’il pouvait rattraper Hollow Knight avant de se lancer. Deux semaines, il pensait. Deux toutes petites semaines pour boucler un metroidvania réputé pour sa densité et sa difficulté. Autant dire que c’était mission suicide, surtout quand on a un boulot, une vie sociale, et un sommeil à respecter. Un mois après, le jeu n’était toujours pas terminé, et Silksong attendait toujours.

Ce genre de mésaventure, il l’a expérimenté plus d’une fois. Avec Death Stranding d’abord, dont le deuxième épisode a été annoncé alors qu’il n’avait même pas touché au premier. L’envie y était, la hype aussi, mais trouver 40 à 50 heures pour s’y mettre entre deux obligations, c’était une autre histoire.

Jeux vidéo vs films : un combat perdu d’avance

Ce qui fait toute la différence avec d’autres formes de culture, c’est l’investissement demandé. Enchaîner trois films Marvel un week-end, c’est jouable. Mais reprendre une série comme Final Fantasy ou Mass Effect, c’est s’engager sur plusieurs dizaines d’heures, parfois plusieurs centaines. Et ça, c’est dans le meilleur des cas, en supposant qu’on accroche dès le début. Quand on a vingt ans et qu’on passe ses soirées manette en main, ok. Mais passé la trentaine, avec un agenda bien rempli, c’est une autre paire de manches.

Mass Effect 4

La série Yakuza, un regret persistant

C’est surtout avec Yakuza que King ressent ce poids du temps perdu. En 2017, tout le monde parlait de Yakuza 0 comme du point d’entrée parfait. Il aurait pu s’y mettre à ce moment-là. Mais il a laissé passer l’occasion. Depuis, chaque nouvel épisode sorti n’a fait que renforcer son retard. Il a bien acheté Like a Dragon: Infinite Wealth en promo, comme pour se dire « un jour, je m’y mettrai ». Mais la pile devant lui est vertigineuse. Chaque jeu bouclé en entraîne trois autres à lancer. Résultat, il n’y touche même pas.

Ce qui lui redonne un peu d’espoir, c’est l’annonce d’un spin-off qui se déroule à Hawaï, dans un contexte plus détaché du tronc narratif principal. Là, peut-être, il pourra s’y mettre sans avoir à consulter un résumé de 20 minutes sur YouTube avant d’allumer sa console.

Apprendre à lâcher prise

King finit par l’accepter : on ne pourra pas tout jouer. Les sorties s’enchaînent à une vitesse folle, et même les jeux qu’on repousse « à la retraite » finissent par disparaître de nos priorités. Il vaut mieux faire la paix avec son backlog que de le vivre comme un regret permanent.

La réalité, c’est qu’après Hollow Knight, il y a Silksong. Et une fois Silksong terminé, Hades 2 sera là. Puis un autre. Le flux est constant et il faut choisir ses batailles.

Petite piqûre de rappel utile, surtout en ces temps de surcharge permanente :

  • Un jeu vidéo, c’est souvent 20 à 100 heures à offrir, pas deux heures de détente.
  • Lancer un nouvel épisode sans connaître les précédents n’est pas toujours simple, surtout pour les séries narratives.
  • Il y a toujours un nouveau hit dans l’ombre du précédent.
  • À vouloir tout jouer, on risque de ne rien apprécier pleinement.

Alors aujourd’hui, King retourne à Hollow Knight, sans chrono, sans pression. Juste pour le plaisir. C’est peut-être ça, la meilleure manière de profiter des jeux qui nous attendent encore.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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