Avec le DLC The Forsaken Hollows, Elden Ring Nightreign redonne un goût de reviens-y aux vétérans comme aux nouveaux venus en quête de difficulté bien dosée. Sorti le 4 décembre au prix contenu de 15 euros, ce contenu additionnel propose deux nouvelles classes, une toute nouvelle carte et deux boss inédits. Et ça marche : déjà plus de deux millions d’exemplaires écoulés.
Deux nouvelles classes qui donnent envie de s’y remettre
Le grand atout de ce DLC, c’est l’arrivée de l’Érudit et de la Fossoyeuse, deux classes radicalement différentes dans leur approche mais qui se complètent parfaitement.
La Fossoyeuse, d’abord, joue la carte de la force brute, mais pas de façon bête et méchante. Elle brille surtout en coopération grâce à ses synergies d’attaques avec les alliés. Elle cogne fort, mais le plaisir vient surtout de son Ulti, une charge violente sur un ennemi isolé, qui pousse à prendre des risques et favorise un gameplay hyper agressif. Le genre de personnage qu’on maîtrise rapidement mais qui reste grisant sur la durée.
À l’opposé, l’Érudit demande plus de doigté. Ce personnage basé sur le soutien utilise des consommables et possède une capacité d’analyse qui inflige des malus aux ennemis. Problème : pendant ce temps, il est cloué au sol. C’est une classe plus technique, qui demande d’anticiper les mouvements ennemis et de bien se placer. Moins spectaculaire, mais indispensable dans un groupe organisé.
La vraie force de ces deux ajouts, c’est qu’ils offrent un nouveau souffle sans bousculer l’équilibre du jeu. Ils amènent une densité supplémentaire aux builds possibles, relançant l’intérêt, surtout en PvE.

Une nouvelle carte pas si accueillante
Le Grand Vallon, c’est le nouveau terrain de jeu proposé dans The Forsaken Hollows… et on ne peut pas dire qu’il mette tout le monde d’accord.
Sur le papier, cette grande zone verticale remplie de pièges et de raccourcis secrets a tout pour rappeler le level design à l’ancienne de FromSoftware. Mais dans la pratique, on s’y perd facilement. La verticalité est mal lisible, certains chemins sont volontairement trompeurs, et on chute souvent plus par erreur de lecture que par mauvaise décision. C’est frustrant, surtout pour ceux qui jouent en solo.
Ajoutez à cela des points de départ qui se répètent trop souvent et un level design moins intuitif, et on obtient une carte qui demande une vraie adaptation. Elle n’est pas ratée, mais elle manque de cohérence qu’on trouvait dans les zones iconiques comme Liurnia ou le Plateau d’Altus.
À noter tout de même : certaines sections de Limveld ont été retouchées, ce qui pousse à la redécouverte et permet de mieux enchaîner les sessions sans avoir le sentiment de tourner en rond.
Toujours pas de solution contre les ragequits en multi
Le plus gros point noir de Nightreign ne vient pas des ennemis, mais des autres joueurs. En multijoueur, les abandons intempestifs sont toujours aussi fréquents, et FromSoftware n’a, une fois de plus, rien fait pour corriger le tir.
Une chute involontaire, un boss qui résiste un peu trop ou un simple coup de tête : il suffit d’un rien pour qu’un joueur quitte la partie. Et quand ça arrive, aucun mécanisme n’est prévu pour compenser. Pas de vote d’abandon, pas de remplacement d’IA, pas même une option de retour rapide au hub pour les survivants.
Résultat, si vous êtes seul face au boss, il faut quitter manuellement via le menu principal, ce qui casse complètement l’immersion. C’est d’autant plus dommage que l’équilibrage multi est plutôt bien géré dans cette extension. On aurait aimé un minimum de confort pour les joueurs sérieux.
Pour que ce soit clair, voici ce qui manque cruellement côté ergonomie multijoueur :
- Pas de pénalité pour les abandons non justifiés
- Aucune possibilité de réintégrer rapidement un groupe
- Pas d’option collective de retour au hub
- Pas d’IA de substitution
- Expérience solo fortement pénalisée en cas de déconnexion
Malgré tout, l’expérience vaut le coup si vous jouez entre amis ou avec une communauté solide. En solo ou avec des inconnus, c’est une autre paire de manches.
Un DLC à réserver aux habitués bien entourés
En définitive, The Forsaken Hollows réussit son pari là où il innove : les nouvelles classes redonnent envie de se plonger dans les combats exigeants d’Elden Ring. Mais la nouvelle carte, bien que ambitieuse, manque de clarté, et l’expérience multijoueur reste parasitée par des problèmes d’ergonomie toujours pas réglés. Un contenu solide pour les habitués du genre, à condition d’avoir une bonne team sous la main.
