Metroid Prime 4

Metroid Prime 4 floppe au Japon : pourquoi le FPS ne séduit toujours pas et comment y remédier

Malgré une attente longue de plusieurs années, Metroid Prime 4 peine à trouver son public au Japon. Le FPS de Nintendo réalise des ventes très modestes pour un lancement, bien en deçà de celles de Metroid Dread. Un démarrage inquiétant pour un jeu au développement coûteux et stratégique pour la franchise.

Un lancement bien en dessous des attentes

Deux semaines après sa sortie, Metroid Prime 4 n’a vendu que 32 382 exemplaires physiques sur le sol japonais. Un chiffre qui semble dérisoire à côté des 108 000 unités écoulées par Metroid Dread sur la même période, lors de sa sortie en 2021. Pire encore, lors de sa deuxième semaine, le titre n’affichait que 3 381 ventes supplémentaires, confirmant une courbe franchement descendante.

Pour mettre ces résultats en perspective, des jeux Nintendo parfois considérés comme mineurs au Japon, comme Kirby Air Riders (240 000 ventes en deux semaines) ou Donkey Kong Bananza (180 000 exemplaires sur la même durée), ont largement surpassé Metroid Prime 4. Autrement dit, même avec une marque connue et un budget marketing conséquent, le jeu n’a pas trouvé son public local.

Metroid Prime 4

Une franchise toujours mal aimée au Japon

Il faut dire que Metroid, comme série, n’a jamais eu de réel succès au Japon. Même les opus iconiques comme Super Metroid ou Metroid Prime premier du nom n’ont jamais cartonné dans l’archipel. Le style de jeu, très influencé par les codes du western gaming, et l’orientation vers l’exploration FPS, n’ont jamais réussi à séduire massivement les joueurs japonais.

Le choix de proposer une nouvelle entrée en vue subjective sous forme de jeu d’action-aventure très typé à l’américaine n’aide pas. Metroid Prime 4 a beau bénéficier de la force de la Switch, machine très populaire au Japon, il n’a pas réussi à sortir de sa niche.

Les chiffres physiques ne disent pas tout, mais quand même…

Évidemment, en 2025, les ventes physiques ne sont plus l’unique indicateur. Les versions dématérialisées ne sont pas comptabilisées ici, et pourraient atténuer un peu le constat. Mais malgré cette nuance, les signaux restent faibles. Même avec un bon score sur l’eShop, il est peu probable que cela suffise à combler un tel écart avec Dread.

Et dans un marché où les grosses productions coûtent de plus en plus cher à développer, ce genre de démarrage est forcément surveillé de près en interne. Le jeu a été annoncé en 2017, avant de passer par une refonte complète en 2019 sous la houlette de Retro Studios. Autant dire que les coûts cumulés sont importants. Un tel lancement, même relatif, n’est pas ce que Nintendo avait en tête.

L’espoir d’un rebond grâce aux marchés occidentaux

Ce début molasson confirme ce que l’on sait depuis longtemps : si Metroid a un avenir commercial, c’est à l’Ouest qu’il se joue. Aux États-Unis et en Europe, la saga a toujours rencontré un public plus large, plus friand des mécaniques Metroidvania et du feeling FPS.

Metroid Dread s’était ainsi très bien vendu en dehors du Japon, et Nintendo espère sans doute que Prime 4 connaîtra le même destin. Il faudra surveiller les charts européens et américains dans les semaines à venir pour vraiment mesurer la portée commerciale du titre.

Mais une chose est claire : au Japon, Metroid Prime 4 démarre sur la pointe des pieds, malgré toutes les promesses faites au fil des années.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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