Might and Magic : Fates - Heroes TCG

Might and Magic NFT : pourquoi Ubisoft s’obstine malgré l’échec de Quartz

Ubisoft persiste dans l’intégration des NFTs avec Might and Magic : Fates – Heroes TCG, désormais disponible sur Steam. Ce jeu de cartes free-to-play transforme la licence culte en laboratoire blockchain, malgré l’échec des précédentes tentatives de l’éditeur français dans ce domaine controversé.

Un retour aux vieilles obsessions

Difficile de ne pas avoir l’impression de revivre 2021 avec ce nouveau Might and Magic : Fates. Alors que les fans de stratégie espéraient sincèrement un retour aux sources pour cette licence légendaire de Jon Van Caneghem, Ubisoft nous sert un énième jeu de cartes truffé de mécaniques blockchain. Le titre s’était déjà ramassé une volée de critiques lors de sa sortie mobile, et cette version Steam ne fait qu’amplifier le malaise.

Derrière son vernis tactique et ses références à l’univers d’Ashan, Fates semble avant tout conçu comme un nouveau terrain d’expérimentation pour le « digital ownership ». Une approche qui rappelle douloureusement l’expérience Quartz sur Ghost Recon Breakpoint, un échec retentissant que beaucoup pensaient définitif pour les ambitions Web3 de l’éditeur.

Cette obstination interroge vraiment. Alors que la plupart des grands éditeurs ont discrètement enterré leurs projets « Play-to-Earn » après la chute du marché des cryptomonnaies, Ubisoft continue de pousser ses pions blockchain à travers des licences de niche. Le choix de Might and Magic n’est probablement pas innocent, la franchise possédant un public fidèle mais vieillissant, potentiellement plus malléable pour ce type d’expérimentation.

Might and Magic : Fates - Heroes TCG

Des cartes qui valent de l’or, vraiment ?

Le principe de Fates reste celui d’un Trading Card Game classique, mais avec une différence de taille. Chaque carte rare ou spécifique est traitée comme un actif numérique unique, échangeable et revendable via la blockchain. Ubisoft tente littéralement de transformer la nostalgie des héros de la saga en spéculation boursière, une démarche qui laisse perplexe.

La place de marché de NFTs est indissociable du lancement, ce qui signifie qu’impossible d’échapper à cet aspect même si vous voulez juste jouer tranquillement. L’interface est saturée par la gestion du portefeuille numérique et les liens constants vers la marketplace. Voir une licence aussi prestigieuse réduite à un simple support pour des jetons numériques fait mal au cœur.

Sur le papier, le jeu reprend pourtant les factions et créatures iconiques de l’univers Might and Magic. Mais force est de constater que le gameplay passe clairement au second plan face aux considérations économiques. Cette approche risque fort d’aliéner la base de fans historique pour séduire un écosystème crypto qui n’a jamais vraiment prouvé sa capacité à produire de bons jeux.

Un signal inquiétant pour l’avenir

Cette nouvelle incursion dans les NFTs soulève des questions légitimes sur l’orientation future des autres propriétés intellectuelles d’Ubisoft. Si Might and Magic sert de cobaye, qu’est-ce qui empêchera l’éditeur d’appliquer la même recette à Assassin’s Creed ou Far Cry ? L’approche actuelle suggère une méconnaissance profonde de ce qui fait l’attachement des joueurs à ces univers.

Il faut aussi souligner que cette stratégie arrive à un moment particulièrement mal choisi. Le marché des NFTs traverse une période difficile, et l’opinion publique reste largement hostile à ces technologies dans le gaming. Persister dans cette voie relève soit d’un optimisme démesuré, soit d’une surdité totale aux retours de la communauté.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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