Palworld combat assisté

Nintendo menacé : comment Palworld fragilise ses brevets sur les combats assistés

Nintendo voit sa stratégie juridique s’éroder un peu plus dans son combat contre Palworld. Après un rejet de brevet au Japon lié à la capture de monstres, c’est désormais un second brevet, consacré à la “soumonation” de personnages pour les combats, qui est remis en cause aux États-Unis, fragilisant davantage la position du géant japonais.

Un réexamen très inhabituel du brevet par l’USPTO

C’est un fait rare : le Bureau américain des brevets et des marques (USPTO) vient de lancer un réexamen d’un brevet déjà validé de Nintendo, sous la supervision directe de son directeur John A. Squires. Ce niveau d’intervention, inhabituel dans le cadre d’une procédure standard, montre à quel point le sujet est sensibilisé par les autorités, et suggère que l’administration prend cette contestation très au sérieux.

Le brevet visé concerne un système de combat où des créatures peuvent assister le joueur, en mode manuel ou automatique, une mécanique centrale dans les jeux Pokémon. Mais voilà, ce système n’est pas entièrement nouveau. Il partage des similitudes notables avec d’anciens brevets déposés par Konami dès 2002 et par Nintendo lui-même en 2019. Cette proximité pose donc la question de l’originalité suffisante pour maintenir la protection actuelle.

Une suite logique au rejet du brevet sur la capture de monstres

Palworld

Ce nouveau revirement intervient dans un contexte déjà tendu. Il y a seulement quelques jours, le Bureau des brevets du Japon (JPO) a rejeté un autre brevet clé de Nintendo, cette fois lié à la mécanique de capture de monstres. Motif invoqué : l’existence de nombreuses iterations similaires dans l’état de l’art qui ont précédé Pokémon.

C’est un coup dur pour Nintendo, d’autant que l’entreprise comptait visiblement sur ces brevets pour appuyer son action judiciaire contre Pocketpair, le studio derrière Palworld. Pour rappel, le jeu a souvent été accusé de trop s’inspirer de Pokémon, voire de franchir la limite dans la copie.

Les points communs entre le brevet actuel et ceux plus anciens

Le système de “soumonation” contesté n’est, en effet, pas entièrement unique. Il repose sur ces éléments-clés :

  • La possibilité de faire intervenir un compagnon contrôlé par l’IA ou directement commandé par le joueur
  • Un mécanisme basculant entre combat automatique et manuel
  • Une intégration dans un gameplay d’exploration ou de capture

Autant de caractéristiques déjà présentes, au moins en partie, dans d’autres jeux comme certains RPG de Konami ou même dans d’anciens volets de Pokémon, ce qui rend la défense du brevet plus délicate.

Vers un affaiblissement durable de la stratégie de Nintendo ?

Même si l’USPTO n’a pas encore annulé le brevet, ce second doute soulevé en quelques jours n’est pas anodin. Car au-delà du cas Palworld, c’est toute la stratégie de Nintendo basée sur la propriété intellectuelle qui s’en trouve remise en question. Dans les faits, l’entreprise s’appuie souvent sur ses brevets pour dissuader toute concurrence trop directe autour de ses licences phares.

Si ces brevets tombent, cela pourrait ouvrir la porte à d’autres studios prêts à proposer des alternatives ou des hommages plus ou moins assumés à la formule Pokémon, sans risquer de procès immédiats. D’autant que les procédures en cours entre Nintendo et Pocketpair semblent plus longues que prévu, et plongent l’issue du litige dans une incertitude croissante.

Pour l’instant, rien n’est encore joué, mais la position de Nintendo est clairement fragilisée. Ce qui ressemblait à une offensive légale bien verrouillée commence sérieusement à prendre l’eau.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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