Patrice Désilets ressuscite enfin 1666: Amsterdam après seize années de développement chaotique. Le créateur d’Assassin’s Creed dévoile son projet le plus personnel lors du Summer Game Fest 2026, avec un prologue jouable gratuit sur PC. Une renaissance spectaculaire pour cette aventure narrative aux ambitions temporelles inédites.
Le retour triomphal d’un projet mythique
Patrice Désilets et son studio Panache Digital Games ont officiellement présenté 1666: Amsterdam le vendredi 5 juin 2026 lors du Summer Game Fest, marquant la résurrection d’un projet initié en 2010 chez THQ Montréal. Cette aventure narrative sombre mêlant mystère, surnaturel et voyages temporels sortira en accès anticipé courant 2026 sur PC via Steam et l’Epic Games Store. Le créateur québécois récupère ainsi les droits de son œuvre après un conflit juridique de trois ans avec Ubisoft, conclu par un accord à l’amiable le 25 avril 2016.
L’histoire tumultueuse de ce projet illustre parfaitement les aléas de l’industrie vidéoludique. Après la faillite de THQ en mars 2013 et le rachat du studio par Ubisoft, Patrice Désilets s’était retrouvé licencié, son éditeur conservant alors les droits de 1666: Amsterdam. Une plainte réclamant 400 000 dollars et la restitution de la propriété intellectuelle avait suivi, témoignant de l’importance capitale de ce projet pour son créateur.
Ce trailer de révélation dévoile enfin l’ampleur narrative du titre après plus de quinze ans d’attente.
L’univers de 1666: Amsterdam se déroule dans une version alternative d’Amsterdam en 1666, où la prospérité de la ville cache l’existence des Originaux, des êtres mystérieux vivant parmi les humains depuis des siècles. Ces entités influencent discrètement le destin du monde, introduisant un sous-texte de manipulation et de pouvoirs occultes particulièrement sombre. L’héroïne Noa Brooklyn, élevée par les Zaindaris, est destinée à devenir une Perceptrice capable de percevoir les différentes temporalités.
Selon IGN France, Patrice Désilets a choisi Amsterdam pour son histoire de commerce, sa diversité culturelle et ses zones d’ombre propices au récit fantastique. Cette ambiance entre sorcellerie et mystère affiche un ton plus sombre qu’Assassin’s Creed, tout en conservant une filiation perceptible dans le travail sur l’histoire et les époques multiples.
Une structure narrative révolutionnaire
La particularité de 1666: Amsterdam réside dans sa structure temporelle ambitieuse. D’après JeuxActu, le jeu exploite trois périodes distinctes – 1666, 1999 et l’époque contemporaine – avec des allers-retours temporels au cœur du gameplay. Les actions dans une période peuvent influencer les autres, créant une narration multi-époques inédite dans l’œuvre de Désilets.
Le prologue gratuit, disponible dès maintenant sur Steam et l’Epic Games Store, offre plus de 30 minutes de découverte selon Jeuxvideo.com. Cette démo sert d’introduction à l’univers, aux personnages et aux mécaniques de base, fonctionnant comme un test grandeur nature avant l’affinage du contenu pour l’accès anticipé.
| Étape | Date | Événement |
|---|---|---|
| Création | 2010 | Début du développement chez THQ Montréal |
| Blocage | Mars 2013 | Rachat par Ubisoft et licenciement de Désilets |
| Résolution | Avril 2016 | Accord amiable et récupération des droits |
| Renaissance | Juin 2026 | Présentation officielle au Summer Game Fest |
Une fonctionnalité commentée en interview intrigue particulièrement : la possibilité de jouer un chat à certains moments de l’aventure, offrant une perspective de gameplay originale sur l’univers d’Amsterdam. Cette approche ludique témoigne de la créativité débridée de Désilets, libéré des contraintes du développement AAA traditionnel.
Ce retour marque une étape cruciale pour Panache Digital Games après le succès d’Ancestors: The Humankind Odyssey en 2019. La récupération des droits par Désilets constitue un cas rare de restitution de licence à un auteur dans l’industrie, renforçant son image de créateur d’univers narratifs ambitieux. Cette renaissance rappelle d’ailleurs les projets ambitieux d’autres créateurs indépendants comme Keiichiro Toyama et sa légitimité d’auteur indépendant.
