Ubisoft a confirmé que la production, le marketing et la sortie d’Assassin’s Creed Shadows ont coûté plus de 100 millions d’euros. Un chiffre colossal pour un jeu qui, avant même sa sortie, divisait déjà les joueurs. Le titre a connu plusieurs reports et une réception en demi-teinte, laissant planer le doute sur sa rentabilité réelle.
Un budget de blockbuster pour un accueil mitigé
Lors d’une récente assemblée générale, le PDG d’Ubisoft Yves Guillemot a reconnu que le budget total alloué à Assassin’s Creed Shadows dépassait les 100 millions d’euros, soit environ 116 millions de dollars. C’est dans la norme haute pour un jeu AAA, sans toutefois atteindre les montants délirants de projets comme Skull and Bones, dont le budget aurait explosé jusqu’à 850 millions de dollars, selon certaines rumeurs.

Toutefois, le chiffre avancé reste flou. Pas de détail officiel sur le coût exact ou sur ce que représente chaque poste de dépense entre le développement, le marketing mondial et la publication multiformat. Malgré cela, Ubisoft maintient publiquement que le jeu a connu un bon lancement, sans pour autant divulguer les chiffres de ventes.
Des ventes estimées mais pas confirmées
Faute de données officielles, certains analystes ont tenté de reconstituer le puzzle à partir des informations accessibles. Le site Gamalytic estime que le jeu a vendu environ 853 000 exemplaires sur Steam. En intégrant les ventes via l’Ubisoft Store et l’Epic Games Store – estimées à 25 % supplémentaires – on atteindrait environ 1,02 million de copies sur PC.
En croisant ces chiffres avec les données financières du rapport Ubisoft 2024-2025, on apprend que 45 % des réservations nettes viennent des consoles, contre 31 % sur PC. Cela permettrait de projeter des ventes sur consoles autour de 1,53 million d’exemplaires.
Au final, le total tournait donc autour de 2,55 millions de copies toutes plateformes confondues, en prenant quelques précautions sur l’origine de ces estimations.
Un retour sur investissement pas si évident
En se basant sur un prix moyen de 70 dollars par jeu et en retirant une commission de distribution d’environ 30 %, Ubisoft tirerait environ 125,3 millions de dollars de revenus de ces ventes. On est très proche du coût de développement annoncé, ce qui laisse supposer que les marges sont relativement faibles, surtout quand on considère les années d’effort, les effectifs mobilisés et les multiples reports.
À ce niveau de dépenses, Ubisoft joue forcément gros. Surtout que ces chiffres n’intègrent pas les éventuelles réductions temporaires, les éditions collecteurs ou les marchés à forte disparité de prix comme l’Inde ou l’Amérique du Sud.
Est-ce suffisant pour parler de succès ? Rien n’est moins sûr, surtout quand on observe que l’intérêt pour le jeu semble être vite retombé après sa sortie, laissant Ubisoft avec un titre qui a peut-être à peine couvert ses frais, sans générer de bénéfices significatifs.
Une franchise qui cherche un nouveau souffle
Assassin’s Creed Shadows a donc mobilisé un budget impressionnant pour un retour pas franchement spectaculaire. La série semble à la croisée des chemins, et même si Ubisoft tente de la renouveler avec des contextes plus exotiques et des gameplay modernisés, l’engouement n’est plus automatique chez les joueurs.
Certains fans regrettent une formule trop répétitive malgré les tentatives récentes d’innover. D’autres pointent une communication trop floue, un marketing trop lourd ou une ambition qui ne se reflète pas forcément manette en main. La recette Assassin’s Creed doit évoluer, et Ubisoft le sait.
Reste à voir si la suite du programme redressera la barre. Car avec ce niveau de dépenses, chaque erreur pèse lourd dans la balance.
