Annoncé durant les Game Awards 2023, Exodus marque un retour en force du RPG spatial narratif ambitieux. Développé par Archetype Entertainment, un studio monté par d’anciens de BioWare, le jeu s’inscrit dans la digne lignée de la trilogie Mass Effect. Pas encore de date précise, mais une sortie est prévue pour début 2027.
Un héritage galactique assumé
Exodus ne se cache pas de marcher dans les traces de son aîné spirituel. Archetype Entertainment, avec à sa tête des anciens de BioWare, veut renouer avec l’ADN des épopées spatiales narratives à gros enjeux. Décisions lourdes de conséquences, exploration planétaire, compagnons marquants, dialogues ciselés : autant d’ingrédients que les fans du genre rêvent de retrouver avec exigence.
Le scénario nous propulse dans un 23e siècle crépusculaire, alors que l’humanité a fui un système solaire devenu invivable à bord d’immenses arches. Ces dernières aboutissent dans l’Amas du Centaure, une région dominée par une caste génétiquement modifiée de tyrans : les Célestiens. Face à eux, les Voyageurs, sorte de résistance scientifique et rebelle, cherchent à libérer les survivants humains d’un joug totalitaire.
Jun, le protagoniste, occupe une place unique dans l’univers : il est le seul humain capable de manipuler les technologies célestiennes. Ce statut fait de lui à la fois un espoir pour les siens… et une proie de choix pour les puissants.

Le poids du temps et des choix
Mais là où Exodus veut vraiment se distinguer, c’est dans son utilisation du concept de voyage relativiste. Chaque saut à grande vitesse implique un décalage temporel important entre Jun et le reste de l’univers. Pour lui, quelques jours peuvent être des décennies ailleurs.
Ce mécanisme, rarement exploité à ce point en jeu vidéo, ouvre des pistes immenses en narration. Des personnages laissés en arrière auront vieilli, voire disparu. Les factions évolueront sans vous. Vos absences redéfiniront les relations, moduleront les enjeux. L’émotion vient aussi de là : savoir qu’en sauvant une planète, vous perdez une partie de votre passé.
Des compagnons impactés, des récits alternatifs
Comme Mass Effect en son temps, Exodus veut miser gros sur ses compagnons. Chaque décision prise par le joueur influencera leur destin, loyauté, voire leur trajectoire personnelle. Certains pourront vous quitter, d’autres évolueront radicalement à vos côtés. L’interaction homme-machine, et surtout humaine, semble constituer l’un des piliers émotionnels du jeu.
Le studio insiste sur l’idée que les relations forment le cœur de l’expérience : émotion, loyauté, trahisons. On sent la volonté de recréer ce sentiment rare d’aventure partagée avec des compagnons marquants, à la Dragon Age ou Knights of the Old Republic.
Exploration spatiale, gameplay et personnalisation
Côté gameplay, les quelques aperçus suggèrent une approche classique mais solide : vue à la troisième personne, mélanges d’armes à feu, pouvoirs célestiens et gadgets futuristes. Le joueur pourra opter pour divers styles de jeu, de l’infiltration pure à des approches plus brutales et puissantes.
Là encore, l’ambition est de créer un protagoniste malléable, qui reflète réellement les choix du joueur, tant sur le plan moral que tactique. On nous promet une personnalisation poussée du héros et un système de progression orienté selon les facultés choisies : furtivité, influence, domination, exploration, etc.
- Vue à la troisième personne immersive
- Armes classiques et technologies avancées
- Pouvoirs d’origine célestienne
- Personnalisation poussée du héros
- Liberté d’approche dans les missions
Un univers visuellement prometteur… mais encore en chantier
Artistiquement, Exodus en met plein les yeux. Les premières planètes dévoilées arborent des environnements spectaculaires, et la direction artistique semble vouloir s’affranchir des codes trop stériles qu’on retrouve parfois dans les RPG sci-fi.
Cela dit, certaines cinématiques trahissent encore quelques défauts visibles : animations faciales rigides, doubages un peu plats. Rien d’alarmant à ce stade du développement, mais le studio a du pain sur la planche s’il veut livrer une aventure aussi immersive qu’ambitieuse.
Le space opera revient à la mode
Entre Exodus, l’inattendu The Expanse Osiris Reborn chez Owlcat Games, et les bribes encore très mystérieuses autour de Mass Effect 5, le genre du RPG spatial narratif connaît un réel frémissement. Après des années dominées par les mondes ouverts fantasy et les jeux-service, ça fait franchement plaisir de voir le retour de récits linéaires, denses et porteurs de choix complexes.
En attendant 2027, il faudra s’armer de patience, mais Exodus a déjà un mérite : raviver la flamme pour les grandes odyssées futuristes à visage humain. Et rien que pour ça, il mérite qu’on garde un œil attentif sur lui.
