En 2023, le partenariat entre Pokémon et le musée Van Gogh d’Amsterdam avait viré au chaos. Un an plus tard, l’univers des dresseurs investit un nouveau lieu emblématique : le Musée d’Histoire Naturelle de Londres. Un pari risqué, tant l’expérience précédente a laissé une mauvaise image.
Quand Pikachu saccage un musée
À Amsterdam, l’association entre une icône de la pop culture et un lieu culturel semblait prometteuse. Mais l’idée d’attirer un jeune public vers Van Gogh s’est violemment retournée contre les organisateurs. Au cœur du problème : une carte promotionnelle de Pikachu avec un béret gris, introuvable ailleurs, proposée aux visiteurs ayant complété une activité dans le musée.
Il n’a pas fallu longtemps pour que la situation échappe à tout contrôle. Des fans surexcités ont littéralement pris d’assaut le musée dès le premier jour, ignorant les consignes et se bousculant pour mettre la main sur le Graal en carton. Résultat : ambiance délétère, sécurité débordée, employés limogés (dont un accusé de vol de cartes), et un musée contraint de retirer les produits dérivés dans l’urgence.
Même The Pokémon Company, pourtant bien rodée à surfer sur l’engouement populaire, a semblé surprise par l’ampleur du phénomène. L’objectif culturel a disparu sous la pression du marketing et des spéculateurs avides.
Un retour prudent : direction Londres
Malgré cette débâcle, la Pokémon Company ne renonce pas aux collaborations muséales. Dès le 26 janvier 2024, c’est au tour du très sérieux Musée d’Histoire Naturelle de Londres de s’associer à la licence japonaise. Jusqu’au 22 mars, la boutique de souvenirs proposera une gamme exclusive de produits Pokémon, dont un Pikachu en peluche géant fixé à la façade du bâtiment.
Cette fois, l’organisation semble avoir tiré quelques leçons. Premier changement majeur : aucune carte promotionnelle à l’horizon. Cette simple absence pourrait fortement diminuer l’effet de panique observé à Amsterdam. De plus, l’accès à la boutique ne sera pas libre : les visiteurs devront réserver un créneau en ligne. L’idée, évidemment, est de lisser les flux de fans et d’éviter que les files ne se transforment en cohue.
Le bon côté des choses, c’est que l’initiative conserve son aspect joyeux et accessible, tout en posant un cadre plus strict.
Quand culture et pop culture se frottent
Faut-il pour autant abandonner ce genre de croisements entre institutions culturelles et univers ludiques ? Pas forcément. Sur le papier, ces événements ont du sens : ils permettent à un public jeune d’approcher des lieux qu’ils n’auraient peut-être pas fréquentés autrement. C’est d’autant plus vrai pour Pokémon, qui joue beaucoup sur l’émerveillement et la curiosité – des valeurs communes avec les musées.
Mais il faut aussi reconnaître que la communauté peut vite devenir incontrôlable, surtout quand des objets à forte valeur de revente entrent en jeu. L’enjeu est donc clair : trouver un équilibre entre marketing malin et respect du cadre muséal.
Ce nouveau partenariat londonien ressemble à une seconde chance. Si tout se passe bien, cela pourra redorer l’image de ce type de projets. Sinon, beaucoup réclameront qu’on laisse Pikachu hors des musées.

