La sortie de Légendes Pokémon ZA, bien que marquante pour les fans de la série, remet une fois de plus en lumière une lacune de longue date dans les jeux Pokémon : l’absence totale de doublages vocaux. Même les joueurs qui apprécient ce nouvel opus déplorent ce manque, qui nuit à l’immersion dans un monde pourtant pensé comme vivant.
Une immersion fragile à cause du silence
Les fans le répètent depuis des années et Légendes Pokémon ZA ne fait que raviver le débat : les jeux Pokémon n’ont toujours pas de voix dans leurs dialogues. Tous les personnages s’expriment uniquement par du texte, même lors de cinématiques mises en scène avec des mouvements de lèvres. Le contraste est saisissant et renforce une impression de vide, voire d’inachevé. Quand le visuel simule une prise de parole mais que le son ne suit pas, l’effet est involontairement comique.
L’univers du jeu, qui mise sur une atmosphère plus narrative et cinématographique que les épisodes principaux, aurait beaucoup gagné à intégrer des doublages. Chaque personnage a droit à son portrait, ses animations faciales et son dialogue en textes affichés en bas de l’écran… mais sans la voix qui donnerait réellement vie à tout cela. Pour beaucoup, le silence ne colle plus avec les standards actuels des jeux vidéo modernes, même sur Nintendo Switch.

Une attente clairement exprimée
De plus en plus de joueurs réclament une évolution à ce niveau. Certains citent des exemples précis pour illustrer ce que Pokémon pourrait adopter sans trahir son identité. La série Yakuza est souvent mentionnée pour sa gestion du doublage :
- scènes doublées (souvent importantes sur le plan narratif)
- passages en silence
- simples textes
Ce compromis raisonnable permettrait aux jeux Pokémon de mieux rythmer leurs séquences clés sans doubler intégralement les dizaines de milliers de lignes de dialogue.
Les fans réclament au minimum des voix lors des scènes majeures du scénario, ne serait-ce que pour renforcer l’impact émotionnel ou donner un peu plus de personnalité aux figures importantes du jeu. C’est une attente raisonnable, surtout pour un titre comme Légendes Pokémon ZA qui cherche à moderniser la formule sans tout réinventer.
Des contraintes budgétaires pas si évidentes
Certains avancent que si Game Freak n’intégrait pas de doublage jusque-là, c’est par souci de coût ou de logistique. Pourtant, des fuites ont révélé récemment que les jeux Pokémon coûtent nettement moins cher à produire qu’on ne pourrait le penser au vu du chiffre d’affaires généré. Ce que dépense Game Freak en production reste relativement bas pour une licence pesant des milliards.
Ajouter des doublages dans deux langues principales (anglais et japonais, au minimum) ne serait donc pas irraisonnable. D’autres studios, avec des budgets équivalents, le font. Pour une licence aussi rentable que Pokémon, cela deviendrait même un minimum syndical.
Des nouveautés qui ne suffisent pas à masquer les limites
Légendes Pokémon ZA propose bien quelques améliorations dans sa formule, notamment en termes de gameplay et d’exploration. Mais techniquement, le jeu reste en retrait. Environnements plats et peu variés, textures simplifiées, peu de personnages à l’écran… Ce n’est pas l’ajout de cycles de jour et de météo dynamique qui masquera l’absence de finesse dans la direction artistique ou les failles d’animation.
Et sans le soutien de douze ou quinze voix pour incarner les personnages principaux, cette ambition narrative tombe à plat. Au lieu de scènes mémorables, on obtient un enchaînement de dialogues muets, parfois même scriptés pour être spectaculaires, mais que le mutisme général étouffe.
Une évolution nécessaire pour la prochaine génération
Le plus frustrant, c’est que ce manque de voix existe depuis toujours dans la série principale. Avec l’arrivée d’une nouvelle génération – la dixième, très attendue – les fans espèrent enfin un saut qualitatif dans la mise en scène de Pokémon. Légendes Pokémon ZA démontre, malgré ses bonnes intentions, que ce cap n’est pas encore franchi. Sur console actuelle comme sur la Nintendo Switch 2, la franchise persiste dans un modèle technique déjà dépassé il y a cinq ans.
Espérons que la pression communautaire et les critiques répétées finiront par éveiller The Pokémon Company et Game Freak sur ce point précis. Laisser les dresseurs en silence, à l’heure où les jeux misent plus que jamais sur la narration, ce n’est plus une option viable.
