The Pokémon Company

Polémique Pokémon : pourquoi The Pokémon Company ne poursuivra pas le gouvernement US

Le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis a récemment publié une vidéo promotionnelle mêlant arrestations d’immigrants et images de Pokémon, reprenant le célèbre slogan “Gotta catch ’em all”. Le clip a immédiatement fait scandale, provoquant la colère des fans et appelant à des poursuites contre le gouvernement américain.

Une vidéo choc qui détourne Pokémon

La vidéo en question, diffusée sur les réseaux sociaux par le service d’immigration ICE (Immigration and Customs Enforcement), montre des séquences d’agents fédéraux procédant à des arrestations, entrecoupées d’extraits de l’anime Pokémon et accompagnées de sa musique emblématique. Le parallèle est volontairement appuyé : les individus interpellés sont présentés comme des cibles à “attraper”, à la façon de créatures Pokémon. Le message est sans équivoque, les sous-titres reprenant littéralement le slogan bien connu de la franchise : “Gotta catch ’em all”.

Pokémon "Gotta catch em all"

Le cynisme du montage et l’utilisation d’un univers destiné à un jeune public pour banaliser des interventions policières musclées ont immédiatement suscité l’indignation sur Internet. Les fans ont réagi massivement, dénonçant un détournement abusif de la licence et une atteinte à son image. Certains ont directement interpellé The Pokémon Company, l’encourageant à engager des poursuites contre le Département de la Sécurité intérieure pour violation de droits d’auteur et usage abusif de leur propriété intellectuelle.

The Pokémon Company restera probablement silencieuse

Mais dans les faits, une action en justice semble peu probable. Don McGowan, ancien directeur juridique de The Pokémon Company pendant plus de dix ans, tempère les attentes des fans. Selon lui, la stratégie habituelle de l’entreprise privilégie la discrétion extrême. “Pokémon n’aime pas polémiquer, surtout quand ça prend de l’ampleur médiatiquement”, explique-t-il. Pour la firme, entrer dans un affrontement public avec une agence gouvernementale, surtout étrangère, serait peu cohérent avec son image familiale et apolitique.

McGowan ajoute un détail révélateur : certains responsables de la compagnie, basés aux États-Unis, possèdent eux-mêmes des cartes de séjour. De quoi refroidir toute velléité de conflit juridique avec l’immigration américaine, même sur fond de détournement de licence. Le risque de représailles indirectes ou de tensions institutionnelles freinerait toute initiative en ce sens.

Autre argument évoqué par McGowan : “Je l’aurais personnellement laissé couler”, confie-t-il, estimant que dans le flot continu d’infos sur les réseaux sociaux, ce type de controverses s’essouffle vite. Deux jours après sa publication, la vidéo serait déjà largement oubliée par une majorité de spectateurs.

Et Nintendo dans tout ça ?

Certains fans, frustrés par l’inertie de The Pokémon Company, ont cru bon de se tourner vers Nintendo, réputé pour sa fermeté en matière de propriété intellectuelle. L’éditeur japonais a effectivement la réputation de dégainer rapidement ses avocats, y compris contre les fans qui créent des mods ou projets non officiels.

Mais dans ce cas précis, difficile pour Nintendo de frapper du poing sur la table. La firme ne détient qu’un tiers de The Pokémon Company, les deux autres parts revenant à Game Freak et Creatures. Une telle action juridique requerrait certainement un consensus entre les trois entités, ce qui dans un contexte aussi sensible, semble très peu plausible.

D’autant que Nintendo, malgré sa vigilance juridique, évite elle aussi d’entrer en confrontation directe avec des institutions gouvernementales, surtout américaines. Ce n’est pas un terrain sur lequel l’industrie du jeu vidéo a pour habitude de s’aventurer.

En résumé, les fans risquent d’être déçus

Même s’ils ont raison moralement de s’indigner du détournement cynique de Pokémon à des fins de propagande migratoire, les grandes manœuvres juridiques espérées n’auront sans doute jamais lieu.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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