King of Meat

Pourquoi King of Meat a échoué malgré Amazon Games ? Analyse d’un flop multijoueur inattendu

Lancé le 7 octobre 2025 sur PC et consoles, King of Meat n’a pas su trouver son public malgré une campagne marketing solide. Ce party-platformer coopératif développé par Glowmade et édité par Amazon Games a connu un démarrage désastreux, avec à peine quelques centaines de joueurs connectés simultanément.

Un jeu pensé pour le fun en groupe, mais sans joueurs

King of Meat proposait pourtant un concept original, dans la lignée des party games modernes : mélange de plateformes, de donjons piégés, de combats rocambolesques et d’un mode créatif pour bricoler ses propres niveaux. L’idée était claire : offrir une expérience multijoueur drôle, imprévisible et conviviale, où le chaos fait partie du plaisir.

Sur le papier, le jeu avait de quoi plaire. L’univers barré, les couleurs criardes, les animations grotesques et l’accessibilité du gameplay rappelaient des titres comme Gang Beasts ou Fall Guys. En coop locale ou en ligne, les parties pouvaient devenir vite bordéliques, avec des rires garantis quand tout le monde tombait dans les pièges mal fichus ou se faisait éjecter des arènes de façon très cartoonesque.

Mais voilà, sans une base de joueurs solide au lancement, difficile de construire une vraie dynamique communautaire. Et c’est précisément ce qui a coulé King of Meat.

King of Meat

Un lancement raté, malgré les gros moyens

Amazon Games avait vu les choses en grand : multiples trailers, avalanche de publications sponsorisées, et même Mister Beast, influenceur poids lourd, mobilisé pour faire la promo. Pourtant, sur Steam, le meilleur pic enregistré s’est limité à 320 joueurs simultanés. Très loin des attentes, puisque le studio visait les 100 000 le jour J.

Résultat, moins d’un mois après la sortie, c’est le désert : seulement 14 joueurs connectés au moment où ces lignes sont écrites, selon les données de SteamDB. Sur console, les chiffres ne sont guère meilleurs, et surtout, l’activité sur les réseaux sociaux est quasi inexistante. Discord et forums sont silencieux. Autant dire que le bouche-à-oreille n’a pas décollé.

Et sans joueurs, pas de parties intéressantes, surtout dans un jeu presque exclusivement pensé pour le multijoueur. L’effet boule de neige a joué, mais dans le mauvais sens.

Premières conséquences : des licenciements chez Glowmade

Le revers est dur pour Glowmade, un studio britannique qui misait justement sur l’originalité et la différence. Pour sortir des carcans du jeu-service et du battle pass éternel, l’équipe avait conçu King of Meat comme un objet à part, plus proche du jeu d’arcade que du produit à actualiser toutes les semaines.

Mais au lieu de créer un effet de surprise, le jeu s’est retrouvé ignoré. Et aujourd’hui, Glowmade est contraint de réduire la voilure. Une dizaine de collaborateurs devront quitter le navire dès janvier 2026, une partie d’entre eux par des départs encouragés dans un premier temps, mais qui seront finalement imposés.

Ce qui choque un peu, c’est que ces licenciements interviennent peu après que le studio ait assuré à ses membres que la santé financière de l’entreprise était stable. Ce revirement soudain jette le flou sur la suite, aussi bien pour King of Meat que pour Glowmade dans son ensemble.

Le syndrome du multijoueur lancé dans le vide

Ce nouvel échec remet en lumière un souci récurrent dans l’industrie : sortir un jeu multijoueur ambitieux sans réussir à créer une masse critique d’utilisateurs dès le départ est souvent synonyme d’échec rapide. Surtout lorsqu’il n’y a pas d’IA, pas de véritable contenu solo, et que tout repose sur des serveurs remplis.

Des idées intéressantes, une DA qui sortait du lot, et une approche rafraîchissante du party game, King of Meat avait de quoi séduire une niche, mais il n’a pas su trouver son public. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de le mettre sous les projecteurs, mais ce genre de jeu ne pardonne pas l’indifférence initiale.

À l’heure actuelle, aucune annonce n’a été faite quant à une éventuelle mise à jour, refonte ou adaptation pour tenter de relancer le projet. Glowmade reste silencieux sur ce point, et l’avenir du studio est incertain. Cela interroge aussi sur la politique éditoriale d’Amazon Games, qui, malgré quelques réussites récentes, peine toujours à stabiliser son positionnement dans le monde du jeu vidéo.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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