Hollow Knight: Silksong

Pourquoi même les pirates refusent de voler Silksong (et comment Team Cherry y est arrivé)

Sorti récemment, Hollow Knight: Silksong a déjà été piraté, comme beaucoup de jeux attendus. Pourtant, un fait surprenant émerge : les joueurs habitués à pirater les nouveautés demandent cette fois à leur communauté de ne pas le faire. En cause, un immense respect pour Team Cherry, le minuscule studio indépendant à l’origine du jeu.

Un soutien inattendu dans le monde du piratage

Dans le petit monde du piratage de jeux vidéo, c’est une scène plutôt rare. Sur les forums spécialisés et les sous-reddits dédiés, on voit fleurir des messages où certains pirates assument ouvertement : oui, ils pourraient télécharger Silksong illégalement, le fichier est déjà là. Mais non, ils ne veulent pas le faire. Leur raison ? Le respect de l’équipe derrière le jeu.

Team Cherry, c’est un trio de développeurs australiens qui ont pondu Hollow Knight premier du nom, un metroidvania acclamé pour sa direction artistique magistrale et son rapport qualité-prix exceptionnel. Leur suite, Silksong, arrive après des années d’attente et ils ont fait un choix très peu courant : publier une version sans DRM. Autrement dit, aucun verrou numérique, aucune protection intrusive. Un geste rare qui fait dire à certains pirates : « Ils nous font confiance, on ne va pas les trahir. »

Un modèle économique qui force le respect

Hollow Knight: Silksong

Ce qui impressionne encore plus la communauté, c’est la façon dont Team Cherry traite ses joueurs. Tous les backers du premier Hollow Knight, ceux qui avaient mis la main à la poche lors du financement participatif initial, reçoivent automatiquement Silksong gratuitement sur la plateforme de leur choix. Cette fidélité envers leur base de fans est saluée un peu partout.

Autre point qui revient souvent : le prix du jeu. Proposé à seulement 20 dollars, c’est une aubaine dans un marché où les AAA tutoient régulièrement les 70 euros. Pour beaucoup, ce tarif honnête est une raison de plus pour sortir la carte bleue au lieu de passer par les torrents.

Des prises de position claires sur les forums

Sur Reddit notamment, des discussions entières s’organisent autour de ce choix moral : faut-il pirater ce jeu comme les autres ou soutenir activement une petite équipe qui fait preuve de transparence et d’humilité ? Il ne s’agit pas d’un simple débat virtuel, on parle là d’une véritable tendance dans les commentaires d’utilisateurs qui changent leurs habitudes, parfois à contrecœur, pour exprimer leur reconnaissance.

Certains vont même jusqu’à lister les raisons qui les poussent à payer, avec un ton presque militant :

  • Le studio est minuscule et a travaillé des années sur le projet
  • Silksong est sans DRM, donc pas de contrôle ou de restrictions
  • Les contributeurs initiaux sont récompensés gratuitement
  • Le prix est accessible, pour un contenu généreux
  • L’attente et l’attachement autour du jeu justifient une forme de « récompense » au studio

Silksong cartonne malgré tout

DRM ou pas, piratage ou non, Silksong réalise un démarrage en trombe. Plus de 500 000 joueurs recensés sur Steam dans les premières heures, un buzz monstrueux sur les réseaux, et des critiques majoritairement excellentes. Malgré l’absence d’un éditeur mastodonte ou d’une armée de marketeux, Team Cherry réussit à captiver à nouveau.

Ce plébiscite passe aussi par une rare unanimité dans les communautés pourtant réputées pour ne pas s’embarrasser de morale. Il y a visiblement quelque chose de spécial dans ce jeu, dans son histoire, dans sa production. Et même les pirates, qui d’habitude ne se posent pas trop de questions, le reconnaissent.

Dans un monde où le piratage reste un réflexe courant pour beaucoup, Silksong est l’exception qui confirme la règle. Quand on joue franc jeu, parfois la communauté rend la pareille.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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