Metroid Prime 4 Switch 2

Pourquoi Metroid Prime 4 déçoit au Japon et comment Nintendo pourrait redresser la barre

Malgré une attente interminable et une hype montée en flèche au fil des années, Metroid Prime 4 rate son entrée au Japon. Le jeu, lancé sur Nintendo Switch et Switch 2, peine à séduire dans l’archipel et ne parvient même pas à figurer dans le top 20 des ventes numériques de l’année 2025. Un revers marquant pour une série pourtant culte.

Metroid Prime 4 à la traîne face à la concurrence

Ce n’est pas faute d’avoir été attendu. Pourtant, Metroid Prime 4 n’a visiblement pas su captiver le public japonais. Le classement annuel des meilleures ventes sur l’eShop japonais est sans appel : le nouvel opus de la saga de Samus Aran n’y figure même pas.

Le contraste est d’autant plus frappant quand on jette un œil aux titres qui ont devancé Prime 4 : Welcome Tour, un petit jeu vendu à dix dollars et décrit pour sa simplicité et manque de contenu, s’en sort mieux. Même Tamagotchi Plaza, qui cible un public bien plus casual, le surpasse. À cela s’ajoutent des jeux au public établi, comme Street Fighter 6, Fitness Boxing 3 ou encore Kirby Air Riders, qui a réalisé une performance fulgurante en se hissant à la troisième place du top Switch 2 japonais, avec à peine deux semaines de commercialisation supplémentaires.

Un historique compliqué pour la saga Metroid au Japon

Metroid Prime 4

Faut-il vraiment s’étonner de cette contre-performance ? En réalité, la série Metroid ne s’est jamais véritablement imposée au Japon. Ce n’est pas un coup d’arrêt inattendu, mais plutôt une confirmation des difficultés persistantes de la licence sur le marché asiatique.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ 3 000 copies vendues pour Metroid Prime 4 en deuxième semaine, soit un tiers seulement des ventes qu’avait enregistrées Metroid Dread à la même période. Le contraste est d’autant plus cruel que la série Kirby, elle, cartonne toujours autant dans les foyers nippons. Là où Samus reste une figure de niche, Kirby continue d’enchainer les cartons au Japon, alors qu’en Occident, c’est presque l’inverse en termes d’attachement des joueurs.

Des attentes mesurées du côté de Nintendo

Bien que ces chiffres puissent sembler décevants pour certains, Nintendo adopte un positionnement plus pragmatique avec la saga Metroid. La franchise n’a jamais été pensée pour rivaliser en volumes de ventes avec les mastodontes que sont Mario, Zelda ou Pokémon. Elle occupe une autre place, plus confidentielle, mais néanmoins précieuse dans l’écosystème Nintendo.

En près de 40 ans de carrière, Metroid Dread reste l’unique épisode à avoir dépassé le cap des 3 millions d’exemplaires vendus. De son côté, Metroid Prime premier du nom plafonne à 2,8 millions, en tête des ventes de la série en 3D. Autant dire que pour Nintendo, atteindre les deux millions de ventes mondiales avec Metroid Prime 4 – malgré un démarrage poussif au Japon – serait déjà perçu comme une victoire raisonnable.

On peut donc s’attendre à ce que la firme de Kyoto maintienne une forme de soutien à la série, sans pour autant en faire un pilier de son catalogue. L’impact de Metroid se joue davantage sur son aura visuelle, son ADN rétro-futuriste et son statut culte auprès d’un noyau dur de fans que sur sa rentabilité stricto sensu. Reste à voir si l’Occident prendra le relais avec plus d’enthousiasme.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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