Lancé en accès anticipé, PUBG: Blindspot, le nouveau spin-off de l’univers PUBG, peine à convaincre. Pensé comme un shooter tactique en vue de dessus en 5v5, il mise sur la stratégie et la coopération, mais des choix techniques discutables et un lancement timide nuisent déjà à son avenir.
Un shooter tactique qui sort des sentiers battus
PUBG Studios et ARC Team ont voulu casser les codes avec Blindspot, en s’éloignant du battle royale classique pour s’attaquer à un format plus resserré : des affrontements en équipes de cinq, vus du dessus, avec un accent marqué sur le positionnement, la ligne de vue et la coordination. Sur le papier, le concept rappelle une version top-down de Rainbow Six Siege, comme l’ont souligné plusieurs joueurs.
Ce virage vers le shooter tactique pur apporte son lot de bonnes idées : des maps bien conçues avec des zones de couverture nombreuses, un gameplay plus cérébral où une erreur de placement se paie cash, et un style graphique sobre mais lisible. La finition n’est pas déshonorante, et il faut reconnaître une volonté de bien faire. L’idée de proposer un shooter d’équipe plus lent et réfléchi dans un monde où le twitch reflex est roi mérite d’être saluée.

Des débuts sous tension
Malheureusement, malgré cette approche originale, l’accueil sur Steam reste glacé. Avec seulement 63 % d’évaluations positives sur environ 700 avis, la mention est “Mitigée”. Plusieurs points reviennent régulièrement dans les critiques des joueurs.
- Pas de serveurs en Océanie, ce qui rend le jeu injouable pour une partie du globe.
- Une gestion des contrôles jugée maladroite, certains évoquent un “portage mobile raté” tant les sensations sont imprécises.
- Des problèmes techniques notables avec la caméra et le système de tir, qui nuisent à la fluidité de l’action.
- Une présentation peu engageante, qui manque de clarté et de personnalité.
Ajoutez à cela un matchmaking parfois longuet dû au faible nombre de joueurs, et vous obtenez un cocktail qui ne respire pas la longévité.
Un lancement assez froid, malgré la franchise PUBG
C’est sans doute l’élément le plus inquiétant : le bilan chiffré du lancement est faible. Selon SteamDB, Blindspot a culminé à 3 044 joueurs en simultané, pour une moyenne quotidienne autour de 2 342. Difficile de créer une communauté solide avec ces chiffres, surtout pour un jeu d’équipe qui repose sur des parties coordonnées à cinq contre cinq.
Ce n’est pas la première fois que PUBG Studios tente de diversifier l’univers PUBG, mais les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. On pense à Prologue: Go Wayback, qui n’avait pas mobilisé davantage. Si PUBG: Battlegrounds reste un jalon du jeu multijoueur compétitif, ses spin-offs peinent clairement à trouver leur public.
De bonnes idées, mais un long chemin à faire
Blindspot n’est pas dénué de qualités. Sa proposition tactique a du potentiel, ses mécaniques d’équipe sont solides sur le papier, et quelques ajustements pourraient redresser la barre. Mais le jeu arrive dans un contexte très concurrentiel, où il ne suffit plus d’avoir un “bon” concept : il faut un gameplay au cordeau, un polish irréprochable et des serveurs qui tiennent la route partout dans le monde.
Tant que les problèmes fondamentaux ne seront pas corrigés, difficile d’imaginer PUBG: Blindspot sortir de l’ombre. Cela ne veut pas dire qu’il est condamné, mais le travail à fournir reste costaud s’il veut espérer poser durablement son empreinte dans le paysage du shooter tactique.
