GameStop vient de révéler les gagnants de son événement maison, une version parodique des Game Awards où l’humour prime sur les trophées prestigieux. Résultat : un palmarès absurde, voire surréaliste, où Halo 3 décroche le titre de jeu de l’année en 2025 et un bobcat empaillé devient mascotte. Décryptage.
Un prix du pire jeu sans trop de débat
Nintendo en prend pour son grade avec la victoire peu glorieuse de Switch 2 Welcome Tour dans la catégorie du pire jeu de l’année 2025. Ce titre, prévu comme vitrine d’introduction à la Switch 2, a été un tel ratage que même les fans les plus indulgents l’ont vite remisé aux oubliettes. Le jeu cumule les critiques négatives depuis sa sortie, la presse spécialisée dénonçant un contenu famélique et une jouabilité paresseuse. Certains ont même suggéré que le jeu aurait dû être préinstallé gratuitement sur la console, tant il ressemble à une démo étirée en longueur.
Ce prix n’a donc surpris personne et confirme que même les géants comme Nintendo peuvent se planter quand ils prennent leur public pour acquis. Difficile de ne pas y voir aussi une sanction symbolique envers la politique de sorties molles qui a accompagné le lancement de la Switch 2.

Halo 3 élu jeu de l’année. Oui, en 2025.
C’est probablement la récompense la plus absurde mais aussi la plus savoureuse de cette édition : Halo 3, sorti en 2007 sur Xbox 360, rafle le très convoité titre de « meilleur jeu de l’année ». Un clin d’œil clairement nostalgique de la part des organisateurs, visiblement plus émus par les souvenirs de LAN entre potes que par les vraies sorties de l’année. Ce choix lunaire laisse de côté des candidats bien plus actuels, comme Clair Obscur: Expedition 33.
Mais au lieu d’un tollé, la communauté a accueilli cette remise de prix avec un sourire complice. Il faut dire que Halo 3 reste une pierre angulaire du FPS multijoueur sur console, et même avec son moteur vieillissant, il continue à réunir des joueurs sur les serveurs rétro. Une victoire au second degré, mais qui fait écho à un vrai attachement.
Clair Obscur sauve l’honneur
Heureusement, Clair Obscur: Expedition 33 ne repart pas bredouille et décroche le prix du meilleur jeu PlayStation. Une catégorie un peu plus sérieuse qui permet à ce titre ambitieux de briller malgré la compétition. Ce jeu d’aventure à la direction artistique singulière et au gameplay audacieux a trouvé son public sur les consoles Sony, même si l’étiquette Best PS Game par GameStop ne va pas exactement trôner à côté des BAFTA ou des DICE Awards.
Des catégories à la limite du délire
GameStop ne s’est pas contenté de se moquer des nominations classiques. L’événement s’est transformé en véritable festival de l’absurde avec des prix volontairement improbables.
Parmi les plus marquants, on trouve :
- Le meilleur échange GameStop de l’année : décerné à un client ayant troqué un bobcat empaillé contre un jeu. L’animal est désormais élevé au rang de mascotte du programme d’échange de l’enseigne.
- Le prix du « jeu auquel je n’ai eu le temps de jouer que plus de deux heures car j’étais occupé pendant l’année » : qu’Hades 2 l’emporte ici ne surprendra personne. Son early access et sa densité de contenu en font un jeu difficile à caser dans un planning chargé.
- Le meilleur magasin de jeux vidéo : auto-attribué à GameStop lui-même, dans un accès assumé d’autocongratulation.
Un besoin d’humour dans une industrie tendue
Derrière la moquerie, on sent un besoin de décompression dans un secteur vidéoludique secoué par les licenciements, les reports et les blocages créatifs. GameStop surfe sur cette vague avec un événement qui, sous couvert d’humour potache, sert aussi de vitrine marketing décalée. Et ça fonctionne : le public rigole, partage, et redécouvre la marque autrement.
Cela ne remplacera jamais une vraie cérémonie de récompenses, mais dans une industrie où l’on prend souvent tout trop au sérieux, cette forme de dérision sent bon l’autodérision bienvenue.
