L’année 2025 marque un sérieux coup d’arrêt pour l’économie du jeu vidéo sur Steam. Malgré un nombre de sorties toujours élevé, les revenus moyens et totaux sont en chute libre. Derrière ces chiffres, une réalité alarmante : la plupart des développeurs peinent à simplement rentrer dans leurs frais.
Baisse générale des revenus malgré un volume de jeux toujours plus élevé
Selon les données publiées par Gamalytic, un site spécialisé dans l’analyse des performances de jeux sur Steam, l’année 2025 enregistre les pires chiffres depuis longtemps. Le total des revenus générés cette année sur la plateforme atteint seulement 4,7 milliards de dollars, bien loin des 7,6 milliards enregistrés en 2024. Le revenu moyen par jeu est lui aussi à la traîne, avec 358 900 dollars, le plus bas niveau depuis 2020.
Et cela, alors que le flot de sorties reste important : 2025 s’annonce comme l’une des années les plus prolifiques en nombre de jeux sur Steam, seulement devancée par 2024. Autrement dit, les jeux sortent en masse, mais ne se vendent pas. Ce déséquilibre souligne à quel point le marché devient saturé.
La médiane, un autre indicateur révélateur, montre le creux du problème. Avec seulement 249 dollars de revenu médian en 2025, on est à peine au-dessus de 2024 (222 dollars), ce qui veut dire qu’une majorité écrasante de jeux ne dépassent même pas quelques centaines de dollars de gains.

La majorité des jeux ne rapportent presque rien
Ce qui frappe le plus dans les données de Gamalytic, c’est à quel point les revenus se concentrent sur une minorité de titres. Seuls 9,9 % des jeux publiés sur Steam cette année dépassent les 50 000 dollars de revenus. Et la majorité, soit 66 %, ne franchissent même pas la barre des 1 000 dollars. Pire encore, près de 40 % des développeurs n’ont même pas réussi à couvrir les 100 dollars de frais d’inscription que Steam exige au moment de la publication d’un jeu.
Voici un aperçu plus parlant de la situation :
- 66 % des jeux ont généré moins de 1 000 dollars
- 39 % des développeurs n’ont pas couvert les frais de publication Steam (100 dollars)
- Seulement 9,9 % des jeux ont rapporté plus de 50 000 dollars
- À peine 1,8 % des titres ont franchi le cap des 100 000 ventes
C’est dire à quel point l’environnement est devenu impitoyable pour les petits studios indépendants, mais aussi pour beaucoup d’acteurs intermédiaires.
Des chiffres de vente très bas pour la majorité des jeux
Les ventes unitaires racontent exactement la même histoire que les revenus : celle d’un marché hyperconcurrentiel où très peu de jeux trouvent leur public. Presque la moitié des jeux lancés en 2025 sur Steam se sont vendus à moins de 100 exemplaires. Un autre 28 % a réussi à écouler entre 100 et 1 000 copies. Quant aux véritables succès commerciaux, ils sont rarissimes : seulement 1,8 % des jeux ont dépassé les 100 000 ventes.
Dans ces conditions, difficile d’imaginer que même l’arrivée de gros titres comme Call of Duty: Black Ops 7, attendu d’ici la fin de l’année, suffise à renverser la tendance. À moins d’un miracle, l’année 2025 restera très en dessous des revenus de 2024.
Entre studios qui ferment, licenciements en chaîne et prix de jeux qui grimpent, ces chiffres mettent en lumière les difficultés profondes qui traversent l’industrie. Steam reste l’une des plateformes les plus accessibles pour se lancer, mais elle devient chaque année un peu plus féroce pour ceux qui cherchent à en vivre.
