Dans un jeu comme Baldur’s Gate 3, où les affrontements sont au cœur de l’expérience, la classe de voleur passe souvent inaperçue. Pourtant, dans Donjons & Dragons sur table, elle brille par sa discrétion, sa versatilité et son intelligence. Dans le jeu vidéo, c’est une autre histoire, moins flatteuse.
Le voleur, classe sous-estimée dans la version vidéoludique
Dans l’univers du jeu papier, le voleur est une classe qui tire son épingle du jeu sans bruit. Il mise sur la furtivité, la ruse, l’infiltration, la tromperie et la diplomatie. Il n’utilise pas de sorts ni de compétences à usage limité qui nécessitent du repos, ce qui lui confère une sacrée autonomie sur la durée d’une aventure. Pendant qu’un magicien recharge ses sorts, le voleur est déjà en train de crocheter une porte ou négocier avec un ennemi.
Mais dans Baldur’s Gate 3, ce fonctionnement perd en pertinence. Les mécaniques de discrétion et de vol à la tire sont certes bien implémentées, et il y a un vrai plaisir à explorer les possibilités qu’offre un voleur en infiltration. Le souci, c’est que la grande majorité des quêtes finissent par aboutir à un combat. Et là, le bât blesse. Le voleur, en jeu vidéo, est moins à son avantage qu’en jeu de rôle traditionnel. En combat, il dépend beaucoup de l’attaque sournoise, qui exige une certaine mise en place. Face à des classes comme le barbare ou le guerrier, capables de déchaîner les dégâts bruts tour après tour, il souffre de la comparaison.

Repos illimités, un désavantage inattendu
Dans Baldur’s Gate 3, il est facile de prendre un repos long entre les combats. Cette mécanique assez permissive égalise artificiellement les classes. Là où un voleur tire normalement son intérêt du fait qu’il n’a pas besoin de se ressourcer, ce point devient presque sans importance face à des classes qui peuvent elles aussi retrouver toute leur puissance en quelques clics.
Le repos long à volonté gomme donc l’une des grandes forces de la classe du voleur. Cela contribue à réduire sa pertinence globale, surtout quand la majorité du gameplay tourne autour du combat tactique en tour par tour.
Une attaque supplémentaire ? Le débat divise
La communauté s’est emparée du sujet sur Reddit. Certains joueurs, frustrés par les limites du voleur en combat, ont proposé une solution radicale : lui accorder une attaque supplémentaire par tour, comme certaines autres classes martiales à haut niveau.
L’idée n’est pas absurde sur le papier. Deux attaques par tour pourraient donner un peu plus d’impact au voleur, surtout face à des ennemis capables d’encaisser sans broncher une attaque sournoise bien placée. D’autant plus que certains objets puissants, faciles à obtenir ou à équiper, permettent déjà à d’autres classes d’infliger d’énormes dégâts sans nécessiter autant de finesse.
Mais cette proposition enflamme les discussions parce qu’elle irait à l’encontre de l’identité même de la classe. Le voleur n’est pas un cogneur, c’est un opportuniste. Lui offrir une attaque supplémentaire reviendrait à en faire un sous-guerrier mal équilibré, au lieu de renforcer ses points forts originaux comme l’initiative, le positionnement ou la créativité en combat.
Un appel au fun, pas à l’optimisation
Même si le débat est vif, la communauté reste lucide : Baldur’s Gate 3 n’évoluera probablement plus, le développement étant officiellement terminé. Il faudra donc composer avec l’équilibrage actuel.
Certains rappellent aussi que, dans un jeu solo comme celui-ci, l’objectif n’est pas l’optimisation absolue mais le plaisir de jouer. On peut très bien passer l’aventure avec un voleur comme personnage principal, à condition d’accepter que sa contribution soit plus subtile. Et parfois, placer une attaque sournoise impeccable vaut tous les sorts d’explosion du monde.
Le voleur reste une classe de joueurs créatifs. Ceux qui acceptent de jouer en dehors des sentiers battus y trouveront encore largement leur compte.
