Le créateur derrière Buckshot Roulette revient avec une proposition bien différente : s.p.l.i.t., un thriller solo aussi court que prenant, où le hacking est au cœur de l’expérience. Ambiance sombre, gameplay exigeant et narration honnête sont au programme. Le jeu est sorti aujourd’hui sur PC, au prix très doux de 2,99 dollars.
Un puzzle narratif sous tension
Avec s.p.l.i.t., Mike Klubnika change totalement de registre. Fini les mécaniques à multiples joueurs ou les parties à rallonge, ici tout est condensé dans une expérience solo dense d’environ 90 minutes. Le joueur incarne un hacker solitaire chargé d’infiltrer un système opaque pour y injecter un virus. Le cadre est dystopique, sec et mystérieux, dans la veine de certains récits cyberpunk, mais sans tomber dans le cliché lourd.
L’histoire reste volontairement floue : on devine que le hacker n’est qu’un exécutant au sein d’une organisation plus large, mais rien n’est clairement dit. Cette approche favorise l’immersion et pousse le joueur à interpréter les événements, en remontant les fils d’une mission dont il ne contrôle manifestement pas tous les paramètres. Une narration par le sous-entendu, qui fonctionne bien et maintient la tension jusqu’au bout.
Gameplay qui respire l’authenticité
Là où s.p.l.i.t. marque des points, c’est sur son gameplay qui évite les raccourcis. Pas de mini-jeu flashy ou de séquences bourrées de QTE ici. Klubnika a pris le parti de simuler une vraie session de piratage : interface en lignes de commandes, arborescence de répertoires à explorer, logiciels à lancer, manipulations en temps réel. Tout se fait manuellement, et il faut apprendre à jongler avec les outils disponibles.
On est donc loin d’un hacking à la Watch Dogs : ici, maîtriser son environnement prend un peu de temps, mais c’est ce qui rend le système gratifiant. Les commandes sont claires mais demandent de l’attention.
L’idée, c’est de s’immerger dans la peau d’un hacker crédible, pas d’enchaîner des séquences spectaculaires. Quelques échanges par messages dans une interface proche d’un chat IRC viennent casser la monotonie et ajoutent une dimension plus humaine, voire légèrement paranoïaque, à l’ensemble.
Une ambiance maîtrisée
s.p.l.i.t. n’a pas les moyens d’un AAA, mais sa direction artistique fait clairement mouche. Peu de visuels, pas d’animations flatteuses, mais une interface austère et crédible qui colle à son propos. L’atmosphère se construit avec peu, mais de manière efficace. Le jeu assume ses limites techniques et les transforme en choix esthétiques.
Côté son, c’est une belle surprise. L’ambiance sonore, discrète mais précise, entretient une tension latente pendant toute la mission. Des nappes électroniques froides et quelques sons d’alerte bien placés viennent renforcer la sensation de stress. Pour ceux qui veulent prolonger le plaisir, la BO est d’ores et déjà disponible sur YouTube et Bandcamp.
Proposé à 2,99 dollars sur Steam, s.p.l.i.t. n’essaie pas de vendre plus qu’il n’offre. Pas de tour de force technologique ou de feuille de route interminable, mais une expérience courte, cohérente et honnête. C’est le genre de jeu qu’on fait d’une traite un soir, casque vissé sur les oreilles, et qu’on garde en tête pour son ambiance et son approche atypique.
Idéal pour les curieux, les amateurs de thrillers narratifs posés ou ceux qui aiment l’odeur d’un terminal Unix. Et même si vous n’avez jamais tapé une ligne de commande de votre vie, le jeu reste lisible et prenant, à condition d’avoir un peu de patience.

