Hollow Knight: Silksong est enfin là. Après des années d’attente, Team Cherry livre non pas un simple copié-collé de son jeu culte, mais une suite audacieuse qui bouleverse ses fondations. Plus rapide, plus vertical, plus dense, Silksong change la donne tout en gardant l’ADN exigeant et mystérieux qui avait conquis les joueurs.
Hornet, une héroïne nerveuse et aérienne
Dès les premières minutes, on comprend que Silksong ne joue pas tout à fait dans le même registre que son aîné. Hornet, la nouvelle protagoniste, n’a rien du Chevalier méthodique du premier opus. Elle se déplace vite, saute haut et enchaîne les attaques avec une agilité féline. Son aiguillon lui permet de foncer vers les ennemis ou de traverser de grands écarts d’un seul bond.
Pas étonnant que Pharloom, le nouveau royaume à explorer, soit pensé autour de cette mobilité. Ici, tout est plus vertical, plus acrobatique. Les déplacements deviennent un art, presque une danse, où chaque plateforme incite à l’expérimentation. L’exploration prend alors un nouveau goût, moins contemplatif, plus fluide et immédiat.
Un système de quêtes qui structure l’exploration
L’une des grosses nouveautés de Silksong, c’est l’ajout d’un véritable système de quêtes. Fini l’exploration purement organique du premier Hollow Knight, place à des missions claires, données par les PNJ, et réparties en trois catégories :
- Rassembler : trouver des objets spécifiques
- Chasser : éliminer des ennemis ciblés
- Voyager : atteindre des lieux précis
Ce système n’enlève rien à la liberté d’exploration, mais il donne des raisons supplémentaires de revenir sur ses pas ou d’approfondir certaines zones oubliées. C’est une bonne manière d’orienter le joueur sans jamais lui forcer la main, tout en enrichissant la narration.
Des outils à la carte pour un style de jeu personnalisé
Les fameuses amulettes du premier jeu laissent leur place à un nouveau système basé sur les insignes et les outils. Chaque insigne dispose de fentes colorées (rouge, bleu, jaune) qui conditionnent les outils que vous pouvez y associer. Ces derniers permettent d’adapter le gameplay selon vos besoins : améliorer les dégâts, sécuriser la survie ou faciliter l’exploration.
Résultat, le build du personnage est encore plus stratégique. Selon la zone ou votre façon de jouer, vous pouvez passer d’un style agressif à un build plus défensif, ou encore chercher à révéler des secrets planqués. Une vraie montée en profondeur dans la construction du gameplay.
Du soin instantané mais risqué
Autre ajustement majeur : le système de soin. Plus besoin de rester immobile pour récupérer de la vie. Hornet utilise la Soie pour se soigner en plein mouvement, ce qui change totalement le rythme des combats. Mais attention, si vous êtes interrompu, la Soie est perdue. Cette mécanique pousse à un jeu plus offensif, puisque la Soie se recharge en frappant vos ennemis.
Plus agressif, plus nerveux, plus punitif aussi. Les erreurs se paient cash, mais la sensation de contrôle est grisante une fois la mécanique maîtrisée.
Un système de craft pour donner du sens aux loots
Silksong introduit aussi un système de fabrication. En récupérant des Fragments de Coquille et des Chapelets, vous allez pouvoir créer ou réparer vos outils. C’est une bonne idée qui redonne de l’intérêt à la collecte d’objets et renforce l’envie de fouiller chaque recoin du monde de Pharloom.
L’exploration devient doublement gratifiante : pour les récompenses immédiates et pour la construction lente, mais efficace, de votre arsenal.
Pharloom, plus vaste, plus dense, mieux rythmé
La taille du monde explorable a doublé depuis Hollow Knight. Pharloom compte environ 100 bancs, soit deux fois plus que Hallownest. Cela veut dire plus de points de repos, moins de frustration après un échec, et surtout plus d’opportunités pour découvrir les innombrables secrets cachés dans ses biomes.
La topographie plus dense et plus diversifiée du royaume permet aussi d’accueillir les nouvelles mécaniques de déplacement sans jamais tourner en rond. L’envie d’aller voir ce qui se cache derrière chaque porte est toujours intacte.
Du challenge à revendre avec plus de 200 ennemis
On ne plaisante pas avec la difficulté chez Team Cherry, et Silksong ne fait pas dans le soft. La galerie d’ennemis compte plus de 200 créatures inédites et environ 40 boss, chacun avec ses propres patterns, son arène et ses petits pièges vicieux. Les affrontements sont intenses, techniques, et souvent mortels si on se relâche.
À cela s’ajoute une bande-son composée de plus de 50 nouvelles pistes, qui accompagne chaque ambiance, chaque montée en tension, voire chaque victoire arrachée au bord du chaos. Encore une fois, c’est du travail soigné, efficace, sans esbroufe mais au service total de l’expérience.
Un vrai saut en avant pour la formule Metroidvania
Silksong ne se contente pas d’être un Hollow Knight 1.5. Il change sérieusement les bases sans perdre l’essence. Hornet redéfinit l’approche du combat et de l’exploration, le monde est plus vaste, mieux construit et plus vivant, le gameplay se personnalise à l’extrême, et l’ajout de la Soie dynamise tout.
En gardant son exigence mais en modernisant son approche, Silksong impose sa propre identité et pousse encore plus loin le genre du Metroidvania. C’est à la fois un hommage et une prise de pouvoir.

