Star Citizen

Star Citizen accusé de gaspillage : un ex-dev révèle où sont passés les millions des contributeurs

Avec près de 870 millions de dollars collectés auprès des joueurs, Star Citizen fait figure d’OVNI dans l’univers du jeu vidéo, autant pour ses ambitions que pour son développement interminable. Un ancien développeur présumé relance aujourd’hui la polémique, accusant le studio Cloud Imperium Games de dilapider l’argent des contributeurs.

Des accusations lourdes venues de l’intérieur

Tout commence dans les commentaires d’une vidéo YouTube consacrée à Squadron 42, le mode solo de Star Citizen, publiée par le vidéaste Camural. Un utilisateur affirme être Robert Peterson, ancien designer des niveaux au sein des locaux allemands de Cloud Imperium Games. Dans un long message, il dénonce la gestion de l’argent récolté par le studio, parlant de “millions gaspillés dans des dépenses absurdes”.

Selon lui, les bureaux de Francfort et du Royaume-Uni auraient dépensé des sommes similaires, sans réellement produire les résultats attendus. Peterson ne mâche pas ses mots à propos de Squadron 42, qu’il décrit comme “plus proche d’un film interactif mal fichu que d’un jeu à part entière”. D’après lui, le gameplay se limite à du “marche et parle” intégré dans des cinématiques, où le joueur serait constamment dirigé, presque prisonnier des scriptes et des PNJ.

Il aurait quitté le projet autour de 2022, révolté selon ses dires par la direction prise par le studio. “Quand on voit les présentations internes, c’est consternant : ça cause beaucoup, ça marche partout, mais le jeu en lui-même est presque absent”, affirme-t-il.

Squadron 42 visuellement impressionnant, mais creux selon Peterson

Au fil de son témoignage, celui qui dit avoir contribué à Star Citizen n’épargne pas ses anciens collègues, ni Chris Roberts, fondateur emblématique de Cloud Imperium Games. Selon lui, même si Squadron 42 affiche de beaux graphismes, cela cacherait “un des pires jeux jamais imaginés”, sans profondeur de gameplay ni structure claire.

Peterson explique pourquoi il décide de s’exprimer malgré les clauses de confidentialité qu’il a signées. Il se dit fier de son métier et attaché à la qualité, ce qui, selon lui, l’oblige à dire publiquement ce qu’il considère comme une dérive. “Tant pis si je devais garder le silence. Ce que j’ai vu me pousse à briser ce mur. C’est une honte pour le secteur”, écrit-il.

L’auteur affirme être toujours actif dans le monde du jeu vidéo et vouloir défendre des pratiques plus respectueuses des joueurs et de leur argent.

Une crédibilité remise en question par manque de preuves

Mais dans un contexte où les accusations volent facilement sur Internet, un doute plane naturellement sur l’identité réelle de ce Robert Peterson. Aucune trace de son passage chez Cloud Imperium Games n’est visible sur les bases de données habituelles du secteur, comme MobyGames ou LinkedIn. L’homme n’est listé sur aucun projet lié à Star Citizen ou Squadron 42.

Squadron 42

Un élément pourrait attester de son lien avec le jeu :

  • une vidéo de démonstration
  • dans laquelle il montre son travail sur l’éclairage
  • mentionnant Star Citizen

Mais cela reste insuffisant pour beaucoup, qui réclament des preuves plus tangibles avant de prendre ses propos au sérieux.

Ce témoignage fait malgré tout écho à une frustration plus large ressentie par certains backers. Onze ans après le lancement du financement participatif, Star Citizen n’a toujours pas de date de sortie officielle, tandis que Squadron 42 semble lui aussi enfermé dans une boucle de développement à rallonge. Certains joueurs s’interrogent donc : que devient l’argent investi depuis toutes ces années ?

Une polémique de plus dans un projet déjà sous tension

Ce type de controverse n’est pas nouveau autour de Star Citizen. Le projet est souvent cité en exemple pour illustrer les dérives possibles du financement participatif dans le jeu vidéo, avec une ambition sans limites, mais une vision parfois éclatée. Le témoignage de Peterson, fondé ou pas, renforce la méfiance qui entoure Cloud Imperium Games.

Reste à savoir si ces accusations inciteront le studio à plus de transparence sur l’utilisation des fonds, ou s’il continuera sa route comme il le fait depuis une décennie, fort d’une communauté toujours présente, mais de plus en plus impatiente.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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