Red Pine Lake

Steam censure une jaquette jugée suggestive : comment Sakura Studios a réussi à faire annuler la décision

Red Pine Lake, un jeu d’horreur indépendant développé par Sakura Studios, s’est retrouvé au cœur d’une polémique lorsqu’il a été rejeté par Steam le 28 octobre. En cause, une illustration jugée trop suggestive montrant une femme en maillot une pièce, malgré l’absence de nudité explicite. L’affaire soulève une nouvelle fois la question de la cohérence dans la modération de contenu sur la célèbre plateforme de Valve.

Un refus basé sur une position et un maillot de bain

Le refus initial de Steam reposait sur l’image promotionnelle de Red Pine Lake qui mettait en avant, selon les modérateurs de la plateforme, les fesses d’une femme vêtue d’un simple maillot une pièce. Dans une conversation partagée publiquement par Sakura Studios, un représentant de Steam a précisé que, peu importe le vêtement, toute mise en valeur volontaire de cette partie du corps féminin entrait dans leur champ d’interdiction, considérée comme contenu sexuellement suggestif.

Steam a en conséquence demandé au studio d’ajuster ses visuels marketing et d’ajouter certains tags liés au contenu, notamment “contenu mature”, “violence” et “nudité ou contenu sexuel”. Mais la plateforme a aussi précisé que ces balises de contenu ne justifiaient en aucun cas des visuels de ce type pour les vignettes ou les assets en boutique. En d’autres termes : même un jeu pour adultes ne peut pas afficher d’image trop explicite sur la page du magasin Steam.

Aftermath Z Red Pine Lake

Sakura Studios dénonce un traitement incohérent

Le studio indépendant ne s’est pas laissé faire. Selon Sakura Studios, cette décision démontre une application incohérente des règles de Steam. Ils soulignent que d’autres jeux, y compris certains titres à caractère ouvertement sexuel, continuent d’utiliser des visuels bien plus explicites. Pour eux, le problème vient d’une ligne floue entre ce qui est acceptable ou non, selon l’interprétation des modérateurs.

Refusant de plier par principe, Sakura Studios a demandé qu’un autre agent réévalue leur demande. Ils ont indiqué qu’ils préféraient retirer leur jeu plutôt que d’adapter leur visuel à une norme arbitraire. L’objectif était clair : contester ce qu’ils perçoivent comme une forme de censure grandissante et injuste sur les plateformes numériques.

Deuxième évaluation, et retournement complet

Une semaine plus tard, coup de théâtre : un second agent de Steam aurait finalement accepté la demande après avoir réévalué le visuel. Selon Sakura Studios, cette nouvelle analyse a conclu que l’image ne dépassait pas les lignes directrices en matière de contenu mature définies par la plateforme. Le jeu a ainsi été approuvé sans modification du visuel initial.

Le studio y voit une victoire importante pour la liberté artistique, en particulier à une époque où les plateformes numériques subissent de plus en plus l’influence de partenaires externes comme les processeurs de paiement (Visa, MasterCard). Ces acteurs poussent Steam à limiter la visibilité des contenus adultes, ce qui affecte directement les petits studios comme Sakura.

Une suite à suivre pour les autres développeurs indés

Sakura Studios a annoncé que le processus de finalisation prendrait encore quelques jours, mais ils ont déjà promis de partager davantage d’informations au sujet de l’évolution des règles sur Steam. Ils posent une question centrale : à quel moment une silhouette féminine, habillée, devient-elle sexuellement suggestive aux yeux des modérateurs, et qui fixe ces limites ?

Le studio a aussi profité de cet épisode pour appeler les autres développeurs à ne pas se censurer. Selon eux, même les petites équipes ont le pouvoir de faire bouger les lignes, à condition de défendre leurs principes. Ils se disent fiers d’avoir tenu bon, même face à un géant comme Valve.

À l’heure où ces lignes sont écrites, Steam n’a pas encore réagi publiquement à cette affaire ni confirmé la version des faits présentée par Sakura Studios.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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