Stop Killing Games franchit une étape historique. Hier, le mouvement citoyen a défendu sa cause devant le Parlement européen après avoir récolté plus de 1,2 million de signatures validées. Une mobilisation européenne massive menée par les gamers français, deuxième pays contributeur, contre l’obsolescence programmée des jeux vidéo.
Une audition historique au Parlement européen
Ross Scott, vidéaste américain d’Accursed Farms et initiateur du mouvement Stop Killing Games, a plaidé hier 16 avril devant les commissions IMCO, JURI et PETI du Parlement européen pour protéger les droits des consommateurs de jeux vidéo. Cette audition publique fait suite à la validation de 1 294 188 signatures authentifiées sur les 1,5 million récoltées, faisant de cette initiative la 14e recevable par la Commission européenne. La France se distingue avec 145 000 signatures, se positionnant comme le deuxième pays contributeur derrière l’Allemagne et ses 233 180 signatures.
Le mouvement dénonce une pratique devenue courante chez les grands éditeurs : rendre injouables des jeux légalement achetés par la fermeture de leurs serveurs. L’exemple emblématique reste The Crew d’Ubisoft, rendu totalement inaccessible après la coupure de ses serveurs, déclencheur de cette mobilisation internationale.
Cette audition revient sur les enjeux cruciaux de préservation du patrimoine vidéoludique et des droits des consommateurs européens.
Ross Scott a précisé lors de son intervention qu’il ne s’agit pas d’interdire aux éditeurs de cesser le support de leurs jeux, mais d’exiger qu’ils fournissent des moyens d’accès offline aux consommateurs. Une position nuancée qui vise à équilibrer les contraintes économiques des studios et les droits légitimes des joueurs.
Le mouvement a étudié plus de 1 100 jeux nécessitant une connexion aux serveurs des éditeurs, révélant l’ampleur d’une pratique qui touche l’ensemble de l’industrie, des AAA aux productions indépendantes. Cette problématique rappelle la récente fermeture de Highguard après seulement 45 jours, illustrant parfaitement les dérives dénoncées par le mouvement.
Une réponse décisive attendue en juillet
La Commission européenne dispose désormais de six mois pour formuler sa réponse officielle, avec un verdict attendu le 27 juillet 2026 selon certaines sources. Cette décision pourrait redéfinir les obligations des éditeurs envers leurs clients européens et créer un précédent mondial.
L’impact potentiel dépasse les frontières du gaming. Si la Commission valide les demandes du mouvement, cela pourrait s’étendre à d’autres secteurs numériques où l’obsolescence programmée pose des questions similaires. Les géants comme Ubisoft, Disney ou Electronic Arts observent attentivement ces développements.
| Pays | Signatures | Pourcentage |
|---|---|---|
| Allemagne | 233 180 | 18% |
| France | 145 000 | 11,2% |
| Total validé | 1 294 188 | 86,3% |
Cette mobilisation européenne illustre parfaitement la maturité de la communauté gaming, capable de s’organiser pour défendre ses droits face aux pratiques contestables de l’industrie. Les gamers français, particulièrement actifs dans cette démarche, démontrent leur attachement à la préservation de leur patrimoine numérique.
