Super Mario Galaxy

Super Mario Galaxy vous laisse froid ? Voici pourquoi l’immersion ne fonctionne pas dessus

Sorti en 2007, Super Mario Galaxy reste pour beaucoup l’un des plus grands jeux de plateforme de tous les temps. Pourtant, malgré son statut culte et son univers spatial, il ne parvient toujours pas à me séduire. Après plusieurs tentatives étalées sur plus d’une décennie, je pense avoir enfin compris pourquoi.

Une ambiance cosmique qui peine à accrocher

Sur le papier, Super Mario Galaxy a tout ce qu’il faut pour me plaire. Un jeu de plateforme ancré dans un univers de science-fiction, avec un vaisseau spatial comme hub central et des niveaux en orbite autour de planètes miniatures, ça titille immédiatement mon imaginaire. Techniquement, l’idée est brillante : chaque niveau propose une nouvelle expérience gravitationnelle, et la bande-son orchestrale confère à l’ensemble une aura épique, presque céleste.

Mais chaque fois que je me lance dans une partie, l’émerveillement ne dure pas. J’ai beau aimer l’espace et la SF, je sens une distance entre moi et le jeu. Une forme de froideur qui m’empêche de m’y attacher émotionnellement. J’ai essayé de l’aimer. Une première fois en 2009, avec un exemplaire loué par curiosité. Puis à nouveau en 2020 avec la compilation Super Mario 3D All-Stars. Et plus récemment encore, dans un élan de réconciliation. Rien n’y fait.

À l’époque de sa sortie, j’étais pourtant très actif côté jeu vidéo. J’avais ma Wii, ma PS3, et je m’enfilais les hits les uns après les autres. Galaxy a reçu des éloges unanimes… mais moi, je restais à la porte.

Super Mario Galaxy

Ce que j’aime chez Mario, Galaxy ne me le donne pas

Mon épisode préféré de la saga reste Super Mario Sunshine. Et non, ce n’est pas seulement de la nostalgie ou de l’attachement au GameCube. Ce que j’y ressens, aucun autre Mario ne l’a jamais reproduit. Dans Sunshine, chaque niveau a une saveur particulière, une cohérence qui le rend tangible et agréable à explorer. On sent une volonté de créer des lieux où l’on pourrait s’imaginer vivre.

Prenez Delfino Plaza, ce petit village côtier où le jeu commence : entre les bâtiments ocres, les fontaines, les bateaux et l’ambiance estivale, on y croit. Pinna Park, le parc d’attractions perché au bout d’une plage, ou encore Gelato Beach et ses étendues de sable, donnent cette illusion de lieu habité, presque touristique.

Ce type d’identité géographique me rend curieux, me pousse à rester, à regarder autour. J’ai envie d’y revenir, pas juste pour battre un boss ou récupérer un Soleil, mais parce que j’aime m’y promener.

Un vide spatial sans ancrage

À l’opposé, Super Mario Galaxy mise tout sur la variété des mécaniques et l’originalité des décors, quitte à sacrifier la sensation d’un monde cohérent. Chaque planète est minuscule, conçue pour être traversée en une minute ou deux, comme des puzzles à usage unique. C’est visuellement charmant, souvent inventif… mais ça ne laisse aucun souvenir marquant.

Il n’y a pas d’attachement possible, parce qu’on ne reste jamais assez longtemps. Le côté jouet prend le pas sur toute notion de lieu réel. Même le vaisseau de Rosalina, présenté comme le cœur du jeu, ne parvient pas à instaurer une atmosphère stable. À mes yeux, il ressemble plus à une pâtisserie géante qu’à une base spatiale crédible.

Je ne demande pas du réalisme à tout prix. Ce n’est pas ce qu’on attend de Mario, et Galaxy est réussi sur le plan pur du gameplay. Mais au fil du temps, j’ai réalisé que ce qui me marque dans un jeu Mario, c’est moins la technique que la cohérence sensorielle et la densité d’un lieu. Et dans Galaxy, je ressens un vide, au sens propre comme au figuré.

Un jeu à visiter, pas un monde à habiter

Super Mario Galaxy propose une vision éclatée de l’univers Mario, faite de chapitres isolés, sans continuité organique. Cela fonctionne pour offrir une excellente variété ludique, mais moi, ce n’est pas ce que je cherche. Je veux m’immerger quelque part, vivre une petite aventure de vacances dans un monde qui semble respirer. Un lieu que je reconnais dès les premières notes de musique.

Galaxy, lui, me fait penser à un parc d’attractions volant : brillant, coloré, surprenant à chaque détour, mais où je n’ai pas envie de dormir. Ce n’est pas un endroit où je veux rester.

Et c’est peut-être ça le paradoxe : au lieu de me faire rêver, l’espace de Mario Galaxy me laisse sur orbite, tournant sans jamais vraiment atterrir.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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